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Des nouvelles de la Coop Raquette

Par Mathieu Perchat le 2024/09
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Des nouvelles de la Coop Raquette

Par Mathieu Perchat le 2024/09

L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

La Coop Raquette est une coopérative culturelle basée au Bas-Saint-Laurent fondée par 3 collaborateurices, Jowi Harvey, Camille Paquin et Audrey-Ann Allen. Elle se distingue par son approche solidaire et son engagement envers les artistes indépendant.es. Construite sur une optique d’autonomisation et de prendre soin, la Coop offre des services d’accompagnement administratif afin de répondre aux besoins spécifiques des artistes, souvent confronté.es à des obstacles liés à la gestion de leur carrière. La Coop Raquette fonctionne selon un modèle non hiérarchique, privilégiant la collaboration et l’entraide, tout en respectant la liberté créative des artistes qu’elle accompagne.

Origine et mission

La Coop Raquette est née d’une prise de conscience sur les réalités et les défis auxquels sont confrontés les artistes indépendant.es au Québec. La dimension entrepreneuriale du métier d’artiste engendre une gestion parfois difficile entre leur pratique artistique et des tâches administratives complexes, telles que la gestion financière, la planification de projets, la production de spectacles ou encore la recherche de financement.

La coopérative vise ainsi à alléger ces responsabilités administratives en offrant des services adaptés et personnalisés. Cet accompagnement permet aux artistes de se concentrer davantage sur leur travail créatif, tout en améliorant leur autonomie, leur santé mentale et leurs conditions de travail.

La coopérative s’engage à rendre ses services accessibles au plus grand nombre, peu importe l’envergure des projets. Elle adopte ainsi une tarification solidaire, où chaque artiste en début de carrière ou établi, peut bénéficier de l’accompagnement nécessaire.

La Coop Raquette souhaite contribuer activement à des changements positifs dans le milieu artistique et entrepreneurial québécois. Elle soutient l’économie solidaire, un modèle économique basé sur la justice sociale, la coopération et l’égalité, tout en remettant en question les modèles traditionnels d’exploitation dans le milieu des arts.

Cette vision se retrouve dans leur modèle de communication qui se centre sur le bouche-à-oreille, un usage minimal des réseaux sociaux et l’ouverture prochaine d’un blog destiné à partager le vécu des artistes, le travail opéré par l’équipe de la Coop ou encore des essais libres et sincères.

Un modèle unique : la coopérative culturelle

La Coop Raquette se distingue par son modèle de coopérative culturelle, une structure peu courante dans le secteur artistique. Contrairement aux agences traditionnelles, où les artistes sont souvent sous contrat avec des obligations contraignantes, la Coop Raquette fonctionne sur une base de collaboration libre et d’accompagnements humains. Elle propose donc une autre approche que celle pratiquée par les labels ou des agences artistiques.

Les artistes sont intégré.es à l’équipe de la coopérative, non pas en tant que simples clients ou employés. Cette place qui leur est attribuée leur confère un rôle actif dans les prises de décisions. Mais aussi, les artistes peuvent échanger sur leurs réalités respectives grâce au partage de leurs expériences. Ce qui permet aux accompagnateurices de la Coop de s’immerger dans l’univers des artistes, et ainsi répondre adéquatement aux besoins. Cette approche participative renforce non seulement le sentiment d’appartenance, mais aussi l’efficacité de l’accompagnement.

Un engagement local avec une portée plus large

Bien que la Coop Raquette soit implantée dans le Bas-Saint-Laurent, son rayonnement dépasse les frontières régionales. La Coop entretient des liens avec des acteurices culturel.les de différentes régions du Québec et participe activement à des réseaux d’économie sociale et solidaire. Cet ancrage local est crucial pour maintenir une proximité avec les artistes et les réalités du territoire. Il permet également de maintenir une ouverture à des collaborations et des échanges avec d’autres régions et secteurs.

Au printemps prochain, la Coop prépare une journée consacrée à offrir un accompagnement pour les artistes émergent.es pris.es dans des demandes de subventions ou en phase de structuration de projets artistiques. Le but de la journée est de prendre soin des artistes de la région Bas-Saint-Laurent et Gaspésie en brisant un isolement récurrent dans ce milieu. Cette journée est appelée SubSpa, en référence au modèle du GrantSpa à Montréal qui a déjà fait preuve de son efficacité.

La Coop Raquette porte aussi comme volonté de suivre ses artistes dans leurs désirs de faire rayonner la culture Québécoise dans la francophonie internationale. Dans cette optique, Camille a été invité à participer aux activités professionnelles lors du Festival FrancoFaunes de Bruxelles, du 2 au 7 octobre prochain. Cette opportunité lui permettra de développer ses habilités en gérance et faire de la représentation pour des artistes du Bas St-Laurent, dont l’artiste rimouskoise Isabelle Charlot.

Camille vient également d’être sélectionnée pour participer à la deuxième cohorte du projet Crescendo, propulsé par Musicaction et Sheshaid.so, un parcours d’accompagnement entrepreneurial et personnel pour apprendre le métier de gérance.

Enjeux et perspectives d’avenir

La Coop Raquette se situe à la croisée des chemins entre le monde de l’art et celui de l’économie solidaire. Cette double identité pose des défis, notamment en termes de reconnaissance institutionnelle et de financement. La coopérative continue de croître, portée par un modèle qui allie souplesse, autonomie et coopération. Mais surtout, elle répond à un véritable besoin de la communauté artistique indépendante.

De plus, La Coop participe activement à la réflexion sur les conditions de travail des artistes et sur les moyens de les améliorer. Ce travail de fond, mené en collaboration avec d’autres organismes culturels et coopératifs, notamment la Coop de solidarité Paradis dont elle est membre depuis septembre 2023, contribue à faire évoluer les mentalités et les pratiques dans le secteur des arts. À long terme, la Coop Raquette aspire à être un acteur clé dans la transformation du paysage culturel québécois, en proposant des solutions engagées dans la justice sociale pour soutenir les artistes indépendants et en promouvant des valeurs de solidarité et d’entraide.

Conclusion

La Coop Raquette se veut une réponse aux défis que rencontrent les artistes indépendant.es aujourd’hui. À travers son modèle coopératif, elle propose un accompagnement administratif et logistique tout en respectant l’autonomie des créateurices. En alliant économie solidaire et culture, la Coop crée un environnement où les artistes peuvent s’épanouir, collaborer et voir leurs conditions de travail s’améliorer, tout en participant à une transformation plus large du secteur culturel québécois.

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