
La course en sentier, vous connaissez?
Souvent connue sous le nom de course de trail, la course en sentier existe depuis des siècles. Historiquement, les gens ont couru sur des sentiers pour diverses raisons : la chasse, la communication entre villages, ou simplement pour se déplacer. La course en sentier, en tant que sport organisé, a commencé à gagner en popularité dans les années 1970 aux États-Unis, pour ensuite se propager à travers le monde.
La pandémie de COVID-19 a également contribué à son essor. De nombreuses personnes ont cherché des solutions de rechange à la salle de sport pour rester actives. La course en sentier, avec sa possibilité de distanciation sociale et son cadre naturel, a attiré de nouveaux pratiquants. Aujourd’hui, c’est une discipline bien établie avec une communauté mondiale et de nombreuses compétitions de tous niveaux. Selon l’International Trail Running Association (ITRA), le nombre de participants aux événements de trail a considérablement augmenté ces dernières années. On estime qu’environ 20 millions de personnes pratiquent la course en sentier, que ce soit de manière récréative ou compétitive.
Pas étonnant que ce sport gagne en popularité et attire de plus en plus d’adeptes, car ses bienfaits pour la santé physique et mentale sont nombreux. Pratiqué en plein air, ce type de course permet le contact avec divers milieux naturels, des montagnes escarpées aux forêts denses, en passant par les déserts et les plages. Les coureurs apprécient le sentiment de liberté et la connexion à la nature. D’autres encore sont séduits par le goût de l’aventure et les défis que ce sport propose.
Adaptés pour tous les niveaux, les événements offrent un éventail de distances à parcourir, des 5, 10, 20 et 42 kilomètres, ou des distances dites d’ultra-endurance : 50, 80, 100 et même 160 kilomètres. À ces kilomètres s’additionnent la difficulté du dénivelé et la technicité des sentiers, ce qui rend ces épreuves hors-norme.
Quelle place pour les femmes dans ce sport?
Bien que la course en sentier soit accessible à tous, on peut malheureusement constater que la représentativité féminine tend à s’affaiblir à mesure que les distances s’allongent. Éric Lévesque, directeur de course de l’Ultra-Trail des Chic-Chocs, précise que l’on trouve la parité dans toutes les épreuves de « submarathons » offertes lors de l’événement qui s’est tenu du 16 au 18 août dernier en Gaspésie. Cependant, pour l’épreuve de 88 km, le taux de femmes inscrites descendait à 21% et, pour la plus grande épreuve de 170 km, seulement quatre femmes sur 56 participants étaient sur la ligne de départ, soit 7 %. Cette situation n’est pas propre à cet événement : que ce soit au Québec ou à l’international, la participation féminine oscille autour de 10 % aux épreuves de 100 milles.
Surprenant! Surtout que les attributs physiques et mentaux des femmes leur permettent de se distinguer : sur des distances particulièrement longues (au-delà de 100 km), l’écart de performance entre les hommes et les femmes tend à se réduire. Les capacités d’endurance des femmes se manifestent entre autres par une plus grande répartition des graisses corporelles, mais aussi par une meilleure oxydation de ces dernières, ce qui peut servir plus efficacement de réserve énergétique lors d’efforts prolongés. Les femmes subissent généralement moins de dommages musculaires que les hommes, ce qui pourrait contribuer à une meilleure récupération et à une performance plus stable. Elles gèrent également mieux la fatigue à long terme et ont tendance à adopter des stratégies de course plus conservatrices, ce qui leur permet de maintenir un rythme plus constant. De plus, des études montrent qu’elles peuvent faire preuve d’une résilience mentale exceptionnelle, ce qui est crucial dans les courses d’ultra-endurance où la gestion de la douleur, de la fatigue et du stress joue un rôle central. Alors, pourquoi si peu de femmes se frottent-elles aux épreuves XL d’endurance?
Quelques hypothèsesHaut du formulaireBas du formulaire
Est-ce que les attentes sociales concernant les rôles familiaux et professionnels limitent encore aujourd’hui le temps que les femmes peuvent consacrer à l’entraînement et aux compétitions?
Est-ce plutôt des considérations d’ordre physiologique, comme les fluctuations hormonales liées aux cycles menstruels pouvant affecter les performances ou des considérations liées à la grossesse ou au post-partum, périodes où mener un entraînement rigoureux peut être un défi important?
Peut-être est-il question de préoccupations face au sentiment de sécurité personnelle ou de confiance en elles?
Quoi qu’il en soit, ces hypothèses restent pour l’instant sans réponse, et il serait bien d’actualité de s’y pencher pour trouver les conditions favorables à une plus grande participation féminine aux épreuves d’ultra-endurance de course en sentier.


