Actualité

Qu’est-ce que la transidentité

Par Mathieu Perchat le 2024/02
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Qu’est-ce que la transidentité

Par Mathieu Perchat le 2024/02

L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

La Débrouille, un centre femme situé à Rimouski a dénoncé les propos du chef conservateur proférés le 21 février 2024 à l’égard des personnes trans concernant leur place dans les espaces dédiés aux femmes cisgenres.

Une transmisogynie et une transphobie sont clairement présentes dans ses propos. Cependant, pour construire une société ouverte et respectueuse, il est nécessaire de porter une attention envers toutes les réalités vécues, même par celles qui diffèrent radicalement de la nôtre. Sans cet effort de compréhension, seuls l’inconfort, le jugement et la méfiance en ressortent (Savoie, 2021). Tentons alors à travers cet article de mieux comprendre la transidentité.

Genre, sexe

Dans un premier temps, pour comprendre la transidentité, il est nécessaire de distinguer le sexe du genre. Car, bien que les deux sont généralement utilisés comme synonymes, ils sont en réalité deux concepts bien distincts.

Le sexe réfère à la dimension biologique de la personne. Plus précisément, une personne est définie par ses chromosomes sexuels, ses taux hormonaux ou encore ses organes génitaux.

Alors que le genre est une construction sociale qui lie à une personne un rôle dans la société, un panel de comportements à adopter et à rejeter, une apparence à tenir. Et ce sont l’ensemble de ces critères qui vont construire une femme ou un homme dans une culture donnée.

Chez une grande partie de la population, le sexe et le genre coïncident. Dans ce cas-ci, la personne est considérée comme cisgenre. Mais, chez une autre partie, le sexe d’origine ne correspond pas avec l’identité de genre affublée par la société ; la personne s’identifie à un autre genre indépendamment de son sexe. La coïncidence perçue chez la majorité n’est alors bien qu’une coïncidence, un construit. « Le sentiment que l’on a d’être un homme, une femme, aucun des deux ou un peu des deux correspond à l’identité de genre » (Savoie, 2021).

La transidentité correspond alors à la divergence entre l’identité de genre et le sexe assigné à la naissance. Elle réfère alors à l’absence de correspondance entre l’identité de genre et le sexe. Les attentes traditionnelles sur la correspondance sexe/identité produisent une première incompréhension.

Bien entendu, il existe tout un spectre d’identités qui sortent de la binarité homme/femme, qui sont appelées les catégories de genres non-binaires. Et les personnes non-binaires sont également des personnes transgenres.

Cependant, le terme transsexuel est à proscrire, car il est critiqué dans la communauté trans en raison de sa « référence à la caractéristique sexuelle plutôt qu’à l’identité de genre » (Dumont, 2016). Ce qui amène à croire qu’il existe de vrai.es et de faux.sses personnes trans selon les démarches de transitions amorcées.

Il faut rappeler que chaque personne vit leur identité de genre singulièrement et l’exprime de manière différente.

La transphobie

Les personnes trans subissent une attaque envers leurs droits fondamentaux, en raison des discriminations qu’elles vivent dans leur quotidien.

En 2016, le Canada (et d’autres pays comme la Norvège l’Argentine et la Suède) a changé les procédures légales pour changer de genre légalement. Un simple formulaire permet de produire une modification de genre sur ses papiers administratifs, alors que précédemment, il était nécessaire de recevoir l’approbation de juges ou de médecins.

Malgré ce changement, la transphobie est toujours présente. Elle peut être manifeste, exprimée par de l’hostilité, du dégout et de la peur, mais elle peut aussi être plus innocente, à travers des questions indiscrètes, comme demander à un individu trans quel était son nom avant sa transition, ou en mégenrant la personne. Au quotidien, ces micro-agressions entament sérieusement la santé mentale des personnes trans.

D’autres agressions plus violentes sont aussi monnaies courantes, comme des attouchements ou d’agressions sexuelles pour « vérifier, par exemple, s’iels ont fait une transition » (Savoie, 2021). De tels gestes, malheureusement courants, sont un dénigrement des personnes basées sur leur différence.

« Ainsi, il est d’autant plus primordial de prendre le temps de s’informer et surtout d’accepter les personnes trans afin de ne pas alourdir inutilement le fardeau de leurs épreuves avec le poids de nos jugements gratuits » (Savoie, 2021).

Emilie Dumont, « marche des Fiertés de Paris », Amnesty International, juillet 2016, URL : https://www.amnesty.fr/focus/transgenre

Julianne Savoie, « La transidentité et l’importance de l’ouverture », L’AMNÉSIQUE, 20 janvier 2021, URL : https://amnesique.com/2021/01/20/la-transidentite-et-limportance-de-louverture-par-julianne-savoie/

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