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Boite à outils pour une transition écologique à l’usage des citoyens et citoyennes

L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

Ces derniers mois ont été particulièrement chauds dans le Bas-Saint-Laurent et dans la Gaspésie. Les températures étaient environ 10 degrés Celsius au-dessus des températures normales. Ce qui a retardé l’arrivée et la tenue des neiges. Seuls 14 % de neige sont tombés sur Mont-Joli, et seulement 10 % pour Gaspé. 2023 a été une année beaucoup plus chaude que la normale. C’est ce qu’en conclut le ministère de l’Environnement. Par exemple, le mois d’octobre a été le plus chaud en 104 années, avec un record de chaleur atteignant les 31,2 °C a été observé près de Gatineau le 3. Ce qui constitue la première canicule d’octobre de l’histoire.

Le changement climatique est bien là, et commence à modifier nos vies ! Il est alors grand temps de faire la seule résolution de l’année qu’il faudrait faire et tenir : celle d’avoir un mode de vie en cohérence avec ce défi immense. Voici alors une petite boite à outils pour démarrer cette résolution.

Avant toute chose, il faut préciser que « la cause première du déraillement écologique n’est pas l’humanité, mais bien le capitalisme, l’hégémonie économique sur tout le reste » (Parrique, Ralentir ou périr. L’économie de la décroissance)

Pour réussir une transition écologique, donc une réduction de nos impacts environnementaux qui ne se limitent pas à la baisse de nos émissions carbone, il faut réussir à dépasser un mur, celui de la ville. L’urbanisation telle qu’elle est conçue favorise un mode de vie écocide avec l’étalement urbain, l’utilisation massive d’énergie, la destruction des espaces verts, etc.

Cela tombe bien, car ce mur est à notre portée, c’est notre lieu d’habitation donc on peut agir dessus. Trois principaux éléments composent la transition : la décarbonisation, la résilience et la société.

La décarbonisation traduit simplement toute forme d’actions qui vise à réduire l’émission de gaz à effet de serre. Elle se manifeste par des actions et des infrastructures qui incitent à l’utilisation d’une mobilité active (vélo, marche, etc.), l’utilisation de transports en commun et l’échange local (commerce, etc.).

En effet, le secteur du transport est l’une des principales causes émettrices de gaz à effet de serre, dont l’un des composants majeurs est l’usage de la voiture individuelle, généralement utilisée pour de très courtes distances. D’où la nécessité de contribuer à fonder les leviers pour favoriser la création des installations des alternatives.

Toujours dans la décarbonisation, un autre secteur majeur est celui de l’agriculture. Il est à la fois émetteur et l’un des plus touchés par les changements climatiques et par l’urbanisation (minéralisation des sols). Des actions peuvent alors permettre de préserver les terres nourricières, ainsi que soutenir activement les agricultures biologiques, diversifiées et locales. De plus, la réduction des émissions de gaz à effet de serre agricole, passe par une alimentation moins carnée, bio, locale et de saison. Ce qui se produire grâce à la formation des cuisinier·es pour leur permettre de plus facilement introduire les produits locaux, biologiques et à la diversification des protéines.

La résilience permet de penser ses vulnérabilités face aux événements climatiques, et construire ou entretenir ses capacités à leur résister. La minimisation des risques et de la vulnérabilité se réalise grâce au maintien des écosystèmes naturels, aux aménagements verts et à lutter contre l’imperméabilisation des sols, correspondant à la déminéralisation du territoire.

Cela passe par des études sur les terres inondables, la préservation des espaces naturels et, par exemple, à réaliser une obligation de zéro imperméabilisation nette des sols (tout goudronner), couplée à une limite de 20 % de surface imperméable (goudron, béton…) et à « une obligation de désimperméabilisation et de végétalisation à hauteur de tout excédent artificialisé » (Astier, 2020). Ce qui peut s’exprimer par un refus de projets routiers, comme l’A20 ou le projet résidentiel de Pointe-au-Père, ou encore le projet Costco à Rimouski pour ne citer qu’eux.

La société traduit par des actions et initiatives qui ouvrent à un cadre favorable à l’engagement collectif pour réaliser les transformations nécessaires afin d’opérer la transition. Mais surtout, elle traduit un changement collectif de culture et d’idéologie. Par exemple, la stimulation de l’économie circulaire, la consommation responsable, l’encouragement d’initiatives à caractère communautaire (comme L’outillerie).

Par exemple, « l’achat local consiste à prioriser des biens produits, fabriqués, conçus ou vendus à proximité par des gens d’ici pour ainsi soutenir l’économie locale et créer de la richesse au sein de la région. Ce mode de consommation permet de créer un sentiment d’appartenance dans la collectivité envers ses commerçants et de favoriser le choix des petits producteurs locaux face à des groupes financiers étrangers. Cela permet d’éviter des transports de produits sur de grandes distances, ce qui est favorable pour la décarbonisation. Enfin, l’appui de l’achat local est cohérent avec une relance verte, juste et équitable » (Stratégie de développement durable, 2021, p. 52).

https://www.ville.quebec.qc.ca/apropos/planification-orientations/developpement-durable/docs/strategie-dev-durable-plan-transition-action-climatique.pdf

https://reporterre.net/Maires-ruraux-ils-sont-a-la-pointe-de-la-transition-ecologique

https://www.environnement.gouv.qc.ca/climat/Faits-saillants/2023/octobre.htm

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