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Consommer

Par Mathieu Perchat le 2023/01
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Consommer

Par Mathieu Perchat le 2023/01

L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

                Avec la volonté du CREBSL (conseil régional environnemental du Bas-Saint-Laurent) de réduire les déchets résiduels par une optimisation de l’utilisation des ressources, une réduction de production de déchets et une possibilité de les recycler, on est en droit de se demander quid de toutes ces publicités qui engorgent nos boites à lettres. Et surtout, en plus de polluer nos espaces naturels et accaparer inutilement ces ressources, de quelles manières les publicités polluent-elles notre espace mental ?

Pour respecter l’Accord de Paris, il faudrait réduire notre empreinte carbone, qui est équivalente à 20,8 tonnes d’émissions de CO2 pour une personne nord-américaine, pour atteindre 1,1 tonne, et maximum 3,4 tonnes. Pour y parvenir, notre consommation joue un grand rôle. En effet, notre niveau de consommation est élevé ; ajouté à cela que nos produits de consommation ont un fort coût carbone. La sobriété comme mode de vie et une consommation responsable composent des outils indispensables pour parvenir aux objectifs.

Toutefois, plusieurs freins viennent entraver la possibilité pour une personne d’adopter un mode de vie sobre. Ces freins sont : « l’obsolescence prématurée, la publicité, l’incertitude entourant la notion de nécessité et la difficulté à créer un narratif attrayant pour la sobriété́ » (Pageau, 2022, p. 1). La publicité et le marketing jouent un grand rôle dans notre possibilité à attendre la sobriété, tant désirée et souhaitable, en s’immisçant dans notre capacité décisionnelle. 

                On ne peut nier l’importance de l’information que transmettent passivement les publicités pour orienter la consommation. L’information qu’elle fournit est rarement portée sur les effets négatifs du produit, ou sur son réel impact environnemental. La publicité est alors loin d’être une source d’information complète.

Son omniprésence dans nos espaces de vie véhicule l’idée d’un manque. Ce manque ressenti par toutes et tous que l’on cherche à combler par de la consommation est en réalité fabriqué par des stimulations extérieures, comme les publicités. Ainsi, la publicité est à la fois à l’origine de la création de ce manque et de la solution qu’il faut adopter pour le résoudre. Elle occupe alors une place majeure dans le façonnement de la société de consommation « et dans le découragement de l’adoption de comportements sobres » (Pageau, 2022, p. 54).

Ainsi, la personne se conçoit plus comme une victime de la société de consommation, et complice malgré elle. Ce plaisir qui lui est inspiré relève pour elle plus de l’oppression que d’un mouvement émancipateur.

                En revanche, toute publicité n’est pas néfaste. Elle a cette capacité à offrir une information peu coûteuse cognitivement pour la personne qui la voit. Son efficacité est exploitée par des campagnes de santé publique, ou encore pour la protection de l’environnement (Pageau, 2022, p. 55).

Mais l’écart des moyens de communication que peuvent mobiliser les pouvoirs publics est très grand avec ceux du privé. Il n’est pas possible de le concurrencer. Or, réduire les incitations à la consommation devrait être une des priorités pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais aussi, pour permettre à toutes et tous d’atteindre un mode de vie plus sobre.

« Le modèle de société qui sera nécessaire pour vivre dans les limites planétaires est complètement différent de celui de la société de consommation » (Pageau, 2022, p. 57).

Sources :

http://www.crebsl.com/matieres_residuelles/?id=industries_commerces_institutions&a=2011

Pageau, Laurence, Freins et leviers à l’adoption de modes de consommation et de production soutenables en Amérique du Nord, Université de Sherbrooke, 2022.

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