Dossier spécial

La santé mentale, mission impossible?

Par Marie-Alice Ouellet le 2022/11
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Dossier spécial

La santé mentale, mission impossible?

Par Marie-Alice Ouellet le 2022/11

La santé mentale, un sujet sensible qui fait la une des journaux dès qu’on décide que ça fait un bout qu’on n’en a pas discuté. C’est vrai! À la télévision, à la radio, sur les réseaux sociaux… On en entend parler partout, mais si on se base uniquement sur le contenu traité ouvertement, on ne gratte que la surface de ce que la santé mentale chez les jeunes représente véritablement.

Depuis plusieurs années, la santé mentale se détériore chez énormément de gens, surtout depuis la pandémie. Est-ce qu’on propose des solutions? Sur papier, oui : on offre des ressources et on ne devrait pas se plaindre. En pratique, c’est plus compliqué.

En tant qu’étudiante, je trouve que le stress du retour à l’école, les examens, la nouvelle vie d’adulte, les relations personnelles, le travail, c’est difficile de réussir à tout contrôler à merveille. Ce sont souvent ces aspects que l’on néglige et, sans surprise, ça a un impact sur notre santé mentale. On nous répète sans arrêt que notre santé mentale, c’est tellement important. Par contre, se le faire dire par un politicien pas plus préoccupé que ça par notre bien-être n’aide pas la cause.

Les ressources, parlons-en! Je trouve fantastique que les écoles et les cégeps offrent un soutien psychologique aux étudiants, que ce soit par un psychologue ou un travailleur social. Cependant, j’aimerais encore plus qu’on se le fasse offrir plus qu’une fois par année. Des conférences Zoom, ce n’est pas nécessairement accessible à tous et je ne crois pas, surtout après avoir vécu deux ans de cours en ligne, que les collégiens se sentent réellement interpellés par ce genre d’activité. Pourtant, il le faudrait!

De plus, pour certains, aller chercher du soutien peut demeurer extrêmement difficile et une plus grande diffusion de l’information à propos des ressources offertes pourrait sans doute faire évoluer les mentalités pour réaliser que, demander de l’aide, c’est correct!

Au cégep de La Pocatière, on peut avoir accès gratuitement à un psychologue et à un travailleur social. Leur rôle? Soutenir les jeunes pour qu’ils trouvent des solutions face à certains problèmes, qu’ils soient relationnels ou comportementaux, ou simplement leur donner les bons outils pour qu’ils puissent repérer eux-mêmes des moyens efficaces. D’ailleurs, c’est important d’avoir le choix entre deux types d’intervenants, d’explorer les possibilités, de se sentir en sécurité lorsqu’on veut demander de l’aide. Ce sont des aspects qui, d’après moi, devraient être mis de l’avant quand on propose ces ressources.

Pour le moment, ce sont les deux principales ressources présentes à mon cégep. En faudrait-il plus? Ce ne serait pas de refus, mais je dois avouer que si l’on en parle suffisamment, des démarches pourraient être faites auprès des établissements publics.

Par ailleurs, pendant l’adolescence, on subit beaucoup de transformations et, en même temps, on doit prendre plusieurs décisions majeures pour notre avenir. Par conséquent, la qualité de la santé mentale chez les jeunes adultes est très faible par rapport aux aînés. En effet, selon Statistique Canada, seulement 48 % d’hommes et 32 % de femmes ont affirmé être en bonne santé mentale, ce qui veut dire que, tous sexes confondus, plus de la moitié souffre psychologiquement. La pandémie, bien sûr, n’a pas aidé. Environ six personnes sur dix ont déclaré avoir vu leur état mental se détériorer. Voilà l’impact des belles « solutions » dont on nous parle à la télévision.

Je trouve ces résultats consternants. C’est pourquoi je crois qu’on devrait organiser plus de campagnes actives, ce qui veut dire que des mesures concrètes devraient être mises en place. Finalement, je souhaite par-dessus tout que la santé mentale devienne un sujet sans tabous dont on parle sans peur.

Avant que la pression devienne anxiété, il est important de se rappeler pour quelles raisons nous sommes engagés dans un projet d’études.

Avant que la pression de performance nous rende malades, il faut se rappeler ce que le sport nous apporte de positif.

Avant que le trac fige notre corps et nos idées lors d’une performance artistique, il faut se rapprocher de l’essentiel : sa passion

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