Champ libre

Adamus remet ça!

Par Marco Gagnon le 2015/11
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Champ libre

Adamus remet ça!

Par Marco Gagnon le 2015/11

Montréal — Jour de lancement de Sorel Soviet So What. Certaines salles affichaient déjà complet peu de temps après la mise en vente des billets. La réception du premier extrait était aussi annonciatrice.

« Hola les lolos », sortie quelques semaines avant l’album, se hisse au sommet des palmarès de certaines radios commerciales. Territoire auquel Adamus n’avait pas encore eu accès. La chose n’est pas sans réjouir le principal intéressé, surtout parce qu’il peut se vanter de n’avoir rien changé à sa musique pour y arriver.

Adamus garde une formation musicale originale, du moins pour un album pop. La contrebasse, les cuivres, la guitare et le banjo font partie des éléments qui sculptent le son de ce troisième opus. Il puise son inspiration dans le blues du sud des États-Unis. Il qualifie d’ailleurs sa musique d’américaine. Certes « Hola les lolos » détonne de l’ensemble, mais la pedal-steel qu’on y entend n’est pas sans rappeler Hawaï, un État américain.

Ils font partie de l’ensemble

Les textes, colorés, sont de réels « polaroids » qui dépeignent le quotidien, l’entourage et la vie de tournée du chanteur. Les décors sont bien plantés, même souvent nommés. Les Îles-de-la-Madeleine, Gatineau et Mékinac font partie des lieux où se déroulent les intrigues. Les personnages ont eux aussi des noms colorés  : Jp Le Pad, Myers, Ben et FrenchKiss Queen. Tous les textes sont d’Adamus sauf « Le blues à GG », un poème de Gérald Godin qu’il a mis en musique.

Bernard Adamus est un gars de gang et il en a réuni toute une autour de Sorel Soviet So What. On y retrouve des comparses de la première heure tels que Sylvain Delisle et des nouveaux comme Jeannot Bournival (Fred Pellerin). Une relation privilégiée existe entre Adamus et le groupe Canailles, deux de ces membres font donc entendre leur voix sur l’album. Adamus invite une gang de gars, dont Erik Evans, à chanter sur « Hola les lolos » et une gang de filles sur « Donne-moi-z’en ». Dans la gang de filles, on trouve Daphné Brissette de Canailles et Anna Frances Meyer de la formation Les Deuxluxes.

La pièce « Jolie blonde » nous fait découvrir une nouvelle facette du personnage d’Adamus. Le père de famille chante son amour à sa fille tout en évoquant la difficulté de partir en tournée loin d’elle. Adamus se fait aussi rappeur sur quelques pièces dont « Les pros du rouleau ». Comme un vrai « MC », il les interprète debout, libre de tout instrument. De cette façon, le chanteur peut gesticuler et laisser libre cours à son « flow ». Tout comme sur un vrai album hip-hop, on trouve un sceau pour des paroles explicites.

« En voiture mais pas d’char » est autobiographique et relate l’enfance du chanteur. Une période qui semble ne pas avoir été ni évidente ni difficile. De belle façon, il nous apprend qu’il n’était pas battu et qu’il y avait toujours à manger : « C’est ben une chance qu’à nous bourrait pas d’volées/Y avait toujours mieux qu’ça dans l’frigidaire ». En entendant « What ya looking at son? », il découvre cependant que certaines ruelles de son quartier sont moins recommandables.

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