Champ libre

Sur les vagues de l’unisson

Par Véronique Lavoie le 2015/06
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Champ libre

Sur les vagues de l’unisson

Par Véronique Lavoie le 2015/06

La formation trifluvienne Bears of Legend composée de sept musiciens, soit David Lavergne (voix, guitare, ukulélé), Claudine Roy (piano, voix), Jean-François Grenier (basse, contrebasse), Jacynthe Poirier Morand (accordéon, xylophone, percussions, voix), Francis Perron (batterie), Christelle Chartray (violoncelle, voix) et Guillaume Grenier (guitare, banjo, voix), a lancé son deuxième opus, Ghostwritten Chronicles, le 28 avril dernier. Un album thématique qui plonge l’auditeur dans une grande épopée marine.

Le titre de l’album illustre bien son concept qui nous fait osciller, d’une chanson à l’autre, à travers les contes, les récits et les aventures d’un équipage entre les années 1400 et 1700. Le tout donne une œuvre bien incarnée, notamment par la récurrence d’un « tu » désiré et d’un « nous » complice. Chaque pièce peut également s’interpréter d’une nouvelle manière hors de ce concept. D’ailleurs, comme le groupe excelle dans l’art de raconter, on a inséré des illustrations de chacun des personnages à l’intérieur du livret.

Dès la première pièce, « Be Mine, All Mine », nous montons à bord d’un bateau avec la progression fluide et dynamique du ukulélé et du xylophone vers la complicité harmonique propre à Bears of Legend où se côtoient violoncelle, batterie, accordéon, piano, etc. Comment rester sur le quai avec cette invitation : « If you want to get lost ». S’ensuivent des chansons comme « When I saved you from the sea », où l’on sent bien le voyage dans le temps, notamment grâce à l’ambiance installée par le piano et l’accordéon. Les chœurs percutants de cette chanson enveloppent telle une marée montante.

Une belle surprise nous attend au milieu de l’épopée avec la pièce en français « Encore ». Comme sur leur album précédent (avec la pièce « La rivière »), nous découvrons une nouvelle sensibilité au groupe qui aurait facilement pu tomber dans les clichés de l’amour, mais qui y échappe en réactualisant des images comme celle du temps qui passe : « malgré le temps qui me fuit comme un voleur de présent ».

La grande force de Ghostwritten Chronicles réside dans son esprit de rassemblement et de résistance qui persiste tout au long de l’écoute. J’avais envie de partir à l’aventure, de découvrir cet espace épuré dans « Hell No », ou de sentir l’espoir naître dans l’aurore des vagues dans « We rise ». Plusieurs chansons commencent en douceur : par exemple, dans « She breaks me down », la naïveté du ukulélé mélangée à l’émotion du violoncelle progresse vers la puissante énergie des sept musiciens réunis. Les chœurs, comme des sirènes envoûtantes, ajoutent une profondeur à la voix malléable du chanteur.

Paradoxalement, l’album se termine sur une ouverture en boucle avec le mot « once », comme si l’histoire ne faisait que commencer. Sous des arrière-sons de vagues et d’oiseaux, cette dernière chanson offre un bel écho à la première pièce de l’album, toutes deux sous le thème de l’amour.

Si vous voulez vous joindre au grand « récit » de Bears of Legend, vous pourrez les entendre au Centre des arts de Baie-Comeau le 23 mai prochain. Le groupe entreprend une tournée d’une cinquantaine de spectacles. Et pendant tout le mois de mai, à l’achat de leur album Ghostwritten Chronicles chez Audition Musik de Rimouski, 1 $ par CD vendu sera remis au Projet Paradis.

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