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Décentraliser : une nécessité

Par Éric Dubois le 2025/12
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Décentraliser : une nécessité

Par Éric Dubois le 2025/12

On ne peut plus aujourd’hui s’en remettre aux institutions politiques qui nous gouvernent. Les intérêts privés surpassent le bien commun à peu près partout. Les inégalités planétaires et les guerres vont faire céder les derniers barrages de la société de droit, une fois que le bulldozer des conservateurs réactionnaires aura tout rasé Les changements climatiques menacent notre survie dans un horizon de moins de cent ans. Dans le pire des scénarios, aussi tôt qu’en 2050, la civilisation pourrait s’effondrer1.

Une démocratie fictive

Nos institutions politiques visent la concentration de tous les pouvoirs dans un semblant de démocratie où des législateurs professionnels gouvernent le bon peuple, grand et petit. Comme pour le capital, ce pouvoir tend à se concentrer. Il faut voir comment le parlementarisme peut exclure autant de gens et de contributions à la démocratie et à l’avancement social. Quand la démocratie est un club privé de notables, c’est parce que nous en sommes pour la plupart exclus. 

Et on a beau nous promettre que les choses vont changer pendant qu’on crie à la nécessité de décentraliser ces organisations bien trop grosses et loin de nos réalités, rien ne bouge. Même scénario pour la réforme du mode de scrutin qui, en quelques années, a fait patate tant au fédéral qu’au provincial. Les décideurs sont friands de leur pouvoir, de leurs privilèges et de leur position confortable assis sur la tête de la classe ouvrière. Toute brèche menace leurs intérêts. Qui ne sont pas les nôtres.

Changer de modèle

Une fois ce sombre constat tiré, la question qui se pose est celle de déterminer la meilleure posture à privilégier si on souhaite la décentralisation.

Pour moi, c’est clair : décentraliser est une nécessité. On doit renforcer à la base nos lieux de démocratie et construire collectivement un modèle de démocratie territoriale incluant les Premières Nations en cogestion. Il s’agit d’assurer la suite du monde, comme l’a dit Pierre Perrault.

Comme anarchiste et écologiste, mon regard s’est porté sur le travail de Murray Bookchin2 qui traite de municipalisme libertaire. Cette approche a un bel avenir au Québec, ne serait-ce que par le travail du mouvement Multitudes qui prend le relais de belles expériences montréalaises en la matière. 

Le municipalisme propose d’asseoir l’organisation sociale sur des lieux de proximité, soit les municipalités, qui sont les lieux décisionnels les plus proches des citoyens. L’organisation sociale se ferait en fonction de celles et de ceux qui habitent le territoire, qui seraient libres de mettre en place leur propre modèle de démocratie et d’administrer leurs affaires dans le plus grand nombre de domaines possible. Évidemment, certaines fonctions collectives seraient maintenues, comme notre système de santé ou d’éducation. Ces institutions peuvent très bien s’autogérer en assurant que le bien commun soit le seul objectif recherché.

Mais avant tout, il faut que notre population comprenne les enjeux actuels et puisse participer aux débats collectifs de toutes sortes de façons. La démocratie, ça s’exerce!

Exercice démocratique

Je lance l’appel à celles et à ceux qui seront élus dans nos municipalités. Activez la démocratie dans votre communauté. Organisez des rencontres d’information, des conférences, des débats. Ouvrez les portes de votre hôtel de ville. Combattez la culture de l’opacité et de la bureaucratie. Semez la transparence et animez la discussion. On a absolument besoin de votre contribution. 

L’horizon cache mal les tempêtes et les désastres qui nous attendent un peu plus loin. Les solidarités deviendront des facteurs de survie. Nous serons tous contents de pouvoir compter sur elles. 

Faute de décentraliser ce modèle politique moribond qui va s’effondrer, on peut construire ce qui, inexorablement, va lui succéder. 

1. Selon l’organisation australienne Breaktrough – National center for Climate Restauration, 2019.

2. Lire Le municipalisme libertaire de Murray Bookchin, publié chez Écosociété. Vous pouvez aussi lire les ouvrages de sa collègue Janet Biehl.

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