
Chaque automne, en octobre, le Réseau des Organisateurs de Spectacles de l’Est-du-Québec (ROSEQ) débarque à Rimouski avec ses valises pleines de cartes d’affaires, de costards-cravates et de techniques discursives. Les diffuseurs se retrouvent, les artistes se montrent sous leur meilleur jour, et la machine culturelle tourne pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Enfin… presque.
Car depuis trois ans, un invité un peu plus subversif s’invite dans le décor : le Phoque OFF. Ce festival de Québec, mi-vitrine mi-viking, profite du grand rassemblement pour installer ses amplis et ses idées de travers aux Bains Publics. Pas de tapis rouge ici : juste un plancher en bois magané qui vibre sous les basses, un public collé-serré, et des artistes qui se foutent bien de savoir si vous êtes directrice de prog ou étudiant à l’IMQ.
Du 15 au 18 octobre, le Phoque OFF prend d’assaut les Bains Publics. La première salle est ouverte à toutes et à tous, mais pour les performances… disons que les places sont limitées. Les plus rapides seront collés à la scène, les autres colleront l’oreille aux murs. Ça reste quand même un bon moment pour rencontrer des musiciens étrangers qui voudront te battre à Tetris sur la vieille TV du bar.
Le Phoque OFF, c’est le genre de bête qui ne demande pas de permission pour exister. Son but : donner la parole aux marginaux de la musique, aux styles qui ne cochent pas toutes les cases des grilles Excel des diffuseurs. Ce n’est pas une « offre culturelle », c’est un coup de coude dans les côtes du grand follow spot, un rappel que la musique vit aussi loin des circuits officiels et des pitchs d’ascenseur de gérant d’artiste en quête de signatures.
Et les Bains Publics? C’est la tanière parfaite. Ici, on ne joue pas à faire semblant d’être plus gros qu’on est. On joue pour vrai. On boit une bière avec les musiciens après le show. On rit trop fort sur de la musique qu’on aime écouter trop forte. On se serre dans une salle trop petite et on discute jusqu’aux trop petites heures du matin. Bref, on vit la musique autrement.
Trois automnes que ça dure et, chaque année, ça devient un peu plus incontournable. Certains diffuseurs passent « juste pour voir »… et finissent par rester toute la soirée. Comme quoi, même dans le milieu culturel, découvrir la nouveauté dans un environnement déjanté, ça peut aussi faire du bien.


