Actualité

L’art de l’enfance: Entrevue avec Nicole Testa

Par Philippe Garon le 2025/08
Image
Actualité

L’art de l’enfance: Entrevue avec Nicole Testa

Par Philippe Garon le 2025/08

Il était une fois une Nicole Testa qui passait son temps à lire aux enfants. Après avoir joué du théâtre au Collège LaSalle et obtenu un bac en animation et recherche culturelle à l’UQAM, elle entre sur le marché du travail. Communication-Jeunesse cherche du monde pour former une escouade d’animation du livre dans les écoles. Les années passent. Elle arrive au Bas-Saint-Laurent. Son bénévolat à la bibliothèque de Sainte-Blandine se transforme en emploi. Le plaisir de lire l’obsède. Elle pousse sa réflexion jusqu’à la maîtrise, puis monte un cours en littérature jeunesse à l’UQAR. Pour enfin se mettre à l’écriture. Le Gros Méchant Quelque Chose est son quinzième livre depuis 1998. Rencontre avec une éternelle petite fille de quatre ans.

Philippe Garon – Qu’est-ce qui t’a servi de poudre à pâte pour ce nouvel album?

Nicole Testa – C’est la même que pour Papi Noël. Il y a une dizaine d’années, une bourse du CALQ m’a permis de recueillir des histoires auprès de parents. Des papas en fait. Les mamans lisent. Les hommes, eux, inventent. J’avais beaucoup de matériel, mais ça dormait dans mon ordinateur. C’est la source d’inspiration pour ma série Les contes de l’oreiller. Là, on prépare le troisième volume, qui va s’intituler Le hoquet du petit poisson.

P. G. – La lecture à voix haute, c’est une vraie croisade pour toi. Pourquoi?

N. T. – Parce que c’est un partage. Ça rapproche. Quand j’arrive dans une école, je suis une étrangère, puis quinze minutes après, le lien est créé, et ça, juste parce que je lis à voix haute. Depuis 30 ans que je fais ça, à mon avis, c’est la meilleure façon de mettre en scène le plaisir de lire. De partager avec les enfants ce qu’est l’expérience d’un lecteur, peu importe qui on est, peu importe les difficultés. Avec son livre Comme un roman, Daniel Pennac a complètement changé ma vision de la lecture. Parce qu’il dit qu’une fois que t’as éprouvé le plaisir de lire, ça se perd pas. Puis quand le plaisir est là, la motivation pour le reste vient plus facilement.

P. G. – Dans un autre ordre d’idées, le festival littéraire Métropolis bleu t’a invitée…

N. T. – Depuis trois ans, ils veulent se rapprocher des régions. Il fallait que je choisisse un lieu que j’aime et que j’écrive un texte de cinq pages maximum. J’ai pris l’île Saint-Barnabé. Ç’a donné un dialogue entre un grand-père et son petit-fils. Le comédien Sylvain Massé a prêté sa voix à mon histoire. On trouve l’enregistrement sur leur site Internet. Après, je devais aller dans une classe de 3e cycle. N’importe laquelle. J’ai choisi l’école de mon quartier. Je leur ai proposé de vivre un peu la même expérience d’écriture que moi, à partir d’un lieu qu’ils aiment et d’une anecdote, mais en ajoutant un élément imaginaire.

Quand j’approche les enseignantes, je leur demande : « Me prêtes-tu ta classe pour une période? » Des fois, c’est pour trouver des réponses à des questions qui me viennent en écrivant. En général, plus les questions sont saugrenues, plus les discussions sont intéressantes. À quel âge on est grand? À quoi ça sert un papi? Comme ça, je reste connectée sur l’enfance.

Partager l'article