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La fuite : nouvelle sortie éponyme

Par David Marsolais le 2025/08
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La fuite : nouvelle sortie éponyme

Par David Marsolais le 2025/08

Bon j’avoue, j’avais hâte d’écouter ce premier opus du quatuor rimouskois : un microalbum de trois pièces soudées à l’acier mixolydable. Sortie indépendante en mars dernier, La fuite propose un voyage intimiste saupoudré de virtuosité dans un environnement introspectif. Ça sent définitivement la randonnée boréale à la mi-automne, avec vent de face.

Si vous connaissez déjà le duo Plant Neige, vous pourrez facilement reconnaître le style mais surtout la voix du chanteur Gabriel Dufour Langlois qui signe les compositions. Cette fois, il s’entoure d’une instrumentation complète, humble et résolument contemporaine.

On comprend rapidement la ligne directrice des textes : une série de réflexion à voix haute, floutée, sensible, presque onirique. On aime écouter les tentatives de réponses aux questions qui chavirent entre les dérèglements saisonniers, nos écarts émotionnels et les conversations intérieures. Malgré la profondeur que peut parfois prendre le propos du texte, son interprétation nous laisse souvent avec un sentiment de légèreté. Dans l’ensemble, c’est évident que les textes dégagent une certaine inquiétude, mais ils semblent toujours trouver un chemin vers un réconfort, une résolution à travers les progressions harmoniques et les images inspirantes.  J’apprécie particulièrement les quelques expressions du quotidien pour tenter d’expliquer l’indicible. J’en prendrais plus personnellement, ce qui est bon signe, me semble.

Sans haute voltige de signature rythmique ni envolée de mélodie complexe et expéditive, l’ambiance musicale nous en dit tout de même beaucoup sur les influences jazz des musiciens. On discerne un heureux mélange entre le jazz fusion des années 70 et la méthode de la chanson populaire actuelle. Rien d’extrême. Tout est là pour accompagner les textes avec parcimonie. De courtes interventions sporadiques viennent marquer les passages importants en guise de ponctuation. On entend à quelques reprises des textures subtiles aux synthétiseurs (Olivier Gosselin), des rythmes complexes à la batterie (Jean-Étienne Joubert), des ornementations à la basse (Médéryc Turgeon Chamelot) pour amener la dynamique texte/musique vers une autre dimension. Ça peut surprendre, je dois l’avouer, lors d’une première écoute, mais le tout reste cohésif et bien construit. Ensemble, l’alternance entre les différentes sonorités de basse, les effets bien choisis à la guitare et les textures variées des claviers contribuent à révéler la complicité entre les musiciens. C’est intéressant à voir évoluer. Ajoutez à ça des harmonies vocales concises et empreintes d’humilité, et vous obtenez la recette.  

Il est recommandé d’écouter l’album seul, mi-fort, avec un bon casque d’écoute – idéalement un vent salin au visage.

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