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Les biens publics mondiaux

Par Mathieu Perchat le 2023/11
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Les biens publics mondiaux

Par Mathieu Perchat le 2023/11

L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

Le lundi 6 novembre a eu lieu une grève organisée par les syndicats du Front commun, qui a réuni 12 000 travailleurs au Bas-Saint-Laurent. Le débat sur la nécessité de préserver nos services publics a alors été renforcé.

Ce qui nous permet d’aborder la notion de biens publics mondiaux, un autre domaine connexe au service public, surtout dans un contexte de polycrise sans précédent, réunissant de multiples systèmes mondiaux qui s’enchevêtrent de manière causale, et menaçant les perspectives de survie de l’humanité.

La polycrise menace l’économie, la stabilité des services publics, mais aussi et surtout les écosystèmes, et donc par extension, nous. Pour y remédier, des changements systémiques sont nécessaires, principalement dans la gouvernance des biens et services publics internationaux, comme la distribution alimentaire, les services de santé internationaux, la préservation de l’atmosphère, etc. (Gardes-Landolfini, 2023, p. 28).

            Qu’est-ce qui caractérise un bien public ?

Lorsqu’un bien public est consommé, il a comme particularité de ne pas empêcher une autre personne de le consommer, ou de diminuer leur possibilité d’accéder à une même quantité de ce bien. Il y a donc une non-rivalité d’usage qui le caractérise (Gardes-Landolfini, 2023, p. 28).

Ensuite, un bien public a comme seconde caractéristique d’être non-exclusif, car un il ne peut être empêché d’être partagé.

Or, dans la mondialisation actuelle qui est très inéquitable, même les biens publics deviennent difficilement accessibles pour certaines populations, en raison de la présence d’acteurs bien trop influents. De ce fait, le bien public décrit serait un bien public idéal, marqué par l’universalité. Il serait accessible à toutes les populations et pour les générations futures (Gardes-Landolfini, 2023, p. 30).

Bien public et marché

L’un des problèmes majeurs dans l’accessibilité des biens publics réside dans l’inefficacité des services privés dans leur approvisionnement. Si les biens publics mondiaux étaient dirigés par une politique internationale publique, cette inefficacité serait endiguée.

Cette inefficacité est causée par deux problèmes majeurs que la littérature économique nomme : le problème du passager clandestin et le problème de l’action collective (Gardes-Landolfini, 2023, p. 30).

Le problème du passager clandestin désigne des individus qui bénéficient de certains biens publics sans que ces derniers n’aient participé au coût de leur production. Un déséquilibre entre l’offre et la demande est alors engendré.

Le problème de l’action collective désigne tout simplement un « manque de communication et de capacité à se mettre d’accord sur une stratégie commune en dépit d’un comportement individuel rationnel » (Gardes-Landolfini, 2023, p. 30).

            Un autre type de biens publics

Il existe également un autre type de biens publics qui ne résulte pas d’une production. Les limites environnementales sont des biens publics mondiaux compris dans ce type. Ce qui inclut par exemple les forêts, les zones humides ou encore les glaciers.

De ce fait, le changement climatique comme bien public qui dérive des limites environnementales est également un bien public, car les « émissions de gaz à effet de serre de chaque pays contribuent cumulativement à l’augmentation de la concentration globale » (Gardes-Landolfini, 2023, p. 30).

C’est pourquoi chaque écosystème est alors un bien public en raison des services écosystémiques qu’il produit, comme la séquestration du carbone, ou encore les ressources médicinales. Un large éventail de population mondiale, si ce n’est pas la totalité, tire des bénéfices de leur préservation.

Un autre bien public auquel on ne penserait pas serait la stabilité financière. En effet, cette stabilité ne peut être qu’assurée par de la prudence agissant au niveau microéconomique, cela en raison de sa nature systémique. De ce fait, les biens publics mondiaux lient les gouvernements entre eux.

            Ce que permet la considération des biens publics

La mise en avant les biens publics mondiaux favorise une collaboration internationale, voire même ils la forcent, car ils sont décisifs pour le maintien d’une qualité de vie, pour la réduction des inégalités mondiales, et surtout pour la lutte contre la crise environnementale. Les coûts liés à leur entretien sont alors possibles à partager, ce qui permet d’établir des priorités mondiales et une cohérence politique.

« Il est nécessaire de relancer un débat impératif sur la mise en place d’un cadre mondial, éventuellement d’une institution mondiale, avec une approche pluridisciplinaire, pour garantir la fourniture de biens publics mondiaux dans un contexte de polycrise » (Gardes-Landolfini, 2023, p. 38).

Gardes-Landolfini, Charlotte. « Replacer les biens publics mondiaux dans un contexte de polycrise », Revue d’économie financière, vol. 151, no. 3, 2023, pp. 27-40.

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