Champ libre

Port d’attache

Par Bénédicte Filippi le 2012/12
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Champ libre

Port d’attache

Par Bénédicte Filippi le 2012/12

Une guérite posée sur le quai et dans laquelle l’horloge fait tic-tac. Un tapis roulant où des crevettes défilent et se font décortiquer par d’agiles mains gantées. Des coques de bateaux qui emplissent l’écran. La sirène d’un bateau qui se répercute sur le béton du quai. Des hommes qui soudent, qui peinturent, qui amarrent, qui pêchent. C’est un peu ça le documentaire Le temps que prennent les bateaux, une série de tableaux témoignant de la beauté brute du port de Matane.

La cinéaste Johanne Fournier ajoute avec ce long-métrage une bille à son chapelet d’œuvres célébrant le travail des gens de son coin de pays. Le regard aiguisé dont elle fait preuve transforme la rudesse de l’activité du port en un lent ballet. Les saisons s’intercalent, le train avance, recule, les gestes machinaux se répètent, les grues chargent, déchargent.

La rumeur du port, conservée intacte par la cinéaste, accompagne cette ballade sur les quais. Elle anime ce bout de territoire isolé où travailleurs, pêcheurs, badauds et goélands se mêlent.

Avec ce dernier film, Johanne Fournier saisit un volet de l’identité maritime du Québec.

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