Champ libre

Des films pour les grands

Par Juliette Naiditch le 2012/10
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Des films pour les grands

Par Juliette Naiditch le 2012/10

Pour ses 30 ans, le Festival international de cinéma jeunesse de Rimouski (FICJR) a décidé de ruer un peu dans les brancards.

Ainsi, pour ne pas s’endormir sur ses (glorieux) lauriers, le Carrousel international du film de Rimouski nous propose cette année une nouveauté, soit une sélection de trois films dans la catégorie 16 ans et plus (Une nuit, Capitaines du sable et Jitters). Outre ces trois longs métrages, qui parleront aux adolescents, certains films de la sélection ne s’adressent pas exclusivement aux jeunes.

C’est le cas, par exemple, de Kauwboy, premier long métrage du Hollandais Boudewijn Koole. Ce film raconte l’amitié entre Jojo, un petit garçon de 10 ans blond comme les blés, et de son choucas, qu’il décide d’adopter après que ce dernier fut tombé de son nid. Dans un quotidien marqué par l’absence d’une mère et un père déprimé et renfermé, Jojo va trouver un sens à sa vie en s’occupant d’un être plus vulnérable que lui.

Cette œuvre est un grand film, à la fois drôle et attendrissant, mais surtout émouvant, avec une distribution de premier choix (mention très spéciale à Rick Lens, l’interprète tout en force et finesse de Jojo, véritable petit Mowgli blond). Boudewijn Koole prend le temps de filmer le silence, les petits riens, les moments de vie qui semblent vides, mais où tout se construit. On voit, par exemple, Jojo nourrir son oiseau, lui apprendre à traverser la rue sans se faire écraser, lui faire écouter de la musique ou encore jouer avec son ami Yenthe. On pourrait penser que c’est du temps perdu pour l’avancée de l’intrigue, mais au contraire, cela développe l’empathie que l’on ressent pour le personnage.

Comment vivre le deuil ? Comment accepter que les gens que l’on aime nous quittent bien trop tôt ? Comment extérioriser la douleur sans faire de mal aux autres ? Ce sont toutes ces questions que Boudewijn Koole soulève dans ce film poétique qui touchera tout autant les parents que leurs enfants.

Dans un tout autre style, le Carrousel propose aussi Ronal le Barbare, un film d’animation danois. Mais ne vous méprenez pas ! Qui dit danois ne veut pas forcément dire couleurs éthérées, dialogues abscons, longues séquences muettes et blondes à tresses. Oh que non !

L’histoire est simple : Ronal, jeune barbare mince, frêle et méprisé de tous, se retrouve dans l’obligation de sauver son clan, enlevé par le Seigneur des ténèbres Volcazor. Il partira donc dans une grande aventure pour affronter l’ennemi, accompagné d’amis qu’il rencontrera en cours de route.

Ce dessin animé est une parodie des films de quête. En reprenant tous les clichés et en les transformant, le réalisateur Kresten Vestbjerg Andersen nous livre un film hilarant, irrévérencieux et, de temps à autre, un peu vulgaire. Mais on rit tellement devant toutes les références détournées au Seigneur des anneaux et à Excalibur qu’on passe facilement outre ces écarts de conduite !

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