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Réalité colombienne: une lutte contre les méga-projets miniers

Par Thibaud Mony le 2012/06
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Réalité colombienne: une lutte contre les méga-projets miniers

Par Thibaud Mony le 2012/06

Notre passage à Subachoque nous a permis de comprendre le fonctionnement de l’octroi des concessions minières en Colombie, qui n’est pas bien différent de chez nous. Il faut comprendre que depuis 2011, année de mise en application de l’accord de libre-échange Canada-Colombie (ALECC), la Loi des mines en Colombie a été réformée. En fait, le gouvernement canadien, trouvant notre Loi sur les mines tellement moderne, avait proposé une réforme qui fut acceptée en grande majorité au parlement colombien. Les ressources souterraines appartiennent donc, depuis peu, au gouvernement colombien qui, comme au Québec et dans le reste du Canada, se fait un plaisir d’accorder des concessions aux minières.

C’est de cette façon que Pacific Rubiales, une minière canadienne, a obtenu près de 465 km2 de territoire en concessions minières pour l’exploration, dont 90% de la municipalité de Subachoque. Et l’intérêt de Pacific Rubiales pour le sous-sol de Subachoque s’est confirmé avec l’exploration puisque le potentiel minier s’élève à 156 millions de tonnes de charbon.

Mais contrairement à plusieurs municipalités de la région de Cundinamarca, la ville de Subachoque n’est pas dépendante de cette industrie vorace. L’économie de la ville est basée sur l’agriculture. Qui plus est, depuis quelques années, la mairie et un groupe d’agriculteurs tentent d’amener les campesinos à produire de façon responsable et biologique.

Ils se sont donc fait un devoir de se battre contre l’implantation d’une mine de charbon sur leur territoire, voulant préserver un écosystème et une biodiversité exceptionnels. Et ce n’est pas les raisons qui manquent : le plateau situé à 2 900 mètres d’altitude est entouré de montagnes abritant des paramos, qui seront détruits si Pacific Rubiales mène son projet à terme. Ces paramos sont des écosystèmes essentiels à la survie de la biodiversité de la Cundinamarca. À près de 3 500 mètres d’altitude, ils captent l’eau de pluie des nuages grâces aux frailejónes, des plantes qui ne grandissent que d’un centimètre par an et captent jusqu’à 12 litres d’eau par mètre carré. Cette eau ruisselle ensuite pour nourrir les plateaux sous-jacents. Ce sont les récupérateurs d’eau de la Colombie et ces écosystèmes qui sont protégés par une loi que le gouvernement tente d’abroger pour le développement économique du pays.

Il ne reste aux paysans que quelques mois pour gagner leur combat puisque Pacific Rubiales a tous les permis nécessaires pour commencer l’exploitation, sauf celui du ministère de l’Environnement. Malgré les efforts fournis, il leurs sera difficile de gagner sans une solidarité internationale puisque le pouvoir de l’argent est malheureusement souvent plus fort que la voix de quelques paysans.

Le projet Reporters Nord-Sud de la consommation responsable est un projet du CIBLES, le Carrefour international pour l’engagement social, et a été rendu possible grâce à l’appui, entre autres, du Fond régional d’investissement jeunesse,  des Offices internationaux du Québec pour les jeunes et de la Fondation Village Monde.

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