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Pour en finir avec le cynisme

Par Nicolas Gaudet le 2012/01
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Pour en finir avec le cynisme

Par Nicolas Gaudet le 2012/01

Le 7 décembre dernier, l’auteur-compositeur-interprète Martin Léon inscrivait officiellement auprès du Directeur général des élections du Québec le nom de son parti politique, Alliance et Solidarité Entre Générations. Depuis, Martin Léon a choisi d’emprunter un autre chemin, celui d’un mouvement politique, d’un porte-voix. L’objectif reste toutefois le même : injecter au discours politique ambiant un peu d’humanité et de cœur, miser sur ce qui nous relie plutôt que sur ce qui nous divise.
Le Mouton NOIR s’est entretenu avec lui afin d’en savoir davantage sur ce qui anime sa démarche. Entrevue avec un rêveur éveillé, un utopiste qui a les deux pieds bien ancrés dans la réalité.

Nicolas Gaudet – Qu’est-ce qui vous pousse à vous lancer dans l’arène politique ?
Martin Léon – Je tiens d’abord à clarifier que mon affaire, c’est la musique. Je ne veux pas me lancer en politique. Je sors temporairement de mon atelier afin de promouvoir certaines idées, mais je compte y retourner. La musique unit les gens par l’intérieur, par le cœur. Lors de mes tournées, j’ai parlé à plusieurs citoyens de tous horizons et j’ai senti chez eux le besoin urgent d’un discours politique qui fasse écho aux valeurs qui nous unissent en tant que peuple et entre générations. Les gens ont besoin d’hommes et de femmes politiques qui leur parlent avec leur cœur, de manière plus sensible, un peu comme Jack Layton l’a fait. Je mets sur pied un véhicule, mais je ne suis pas ce leader dont je crois que le Québec a besoin. Je dirais plutôt que je suis à la recherche d’un Gandhi québécois !
N. G. – Tous les partis politiques prétendent être au diapason avec les valeurs fondamentales de l’ensemble de la population. En quoi le mouvement Alliance et Solidarité Entre Générations serait-il différent ?
M. L. –
La population a perdu toute confiance envers la classe politique. Le cynisme des citoyens, des politiciens et des groupes de pression qui s’amplifie sans cesse est le pire ennemi de la démocratie. Nous payons pour des heures de cynisme exacerbé à l’Assemblée nationale. Pendant que nos politiciens s’obstinent à savoir qui va tenir le râteau, personne ne s’occupe du jardin. Même les artistes engagés, lorsqu’ils font des sorties publiques, sont parfois cyniques. C’est une erreur. Le cynisme détruit le message. Nous proposons un discours libre de tout cynisme, un discours qui émane du cœur et qui s’adresse à ce que les gens ont de plus précieux en dedans. Tout commence avec le cœur, donc ce n’est pas grave si ce que nous mettons de l’avant est utopique. Nous voulons tracer une voie à suivre, un idéal vers lequel tendre. Dans l’état actuel des choses, la population se sent complètement dépossédée de son système politique. Par ma démarche, je souhaite créer un forum, un porte-voix qui se rempliera de différentes voix et qui permettra aux citoyens de se réapproprier un peu leur système politique.
N. G. – Quelles idées voulez-vous mettre de l’avant ?
M. L. –
C’est lorsque la plus récente hausse des frais de scolarité a été annoncée que j’ai décidé que je ne pouvais plus me taire. L’éducation est la chose la plus importante pour un peuple. Le mot investir atteint le sommet de son sens lorsqu’on parle d’éducation. En ce moment, nous avons un des taux de suicide les plus élevés au monde, plus de 50 % de nos jeunes décrochent au moins une fois avant la fin de leurs études secondaires. Et on prétend faire des « bonnes affaires » en coupant dans l’éducation ! Je suis depuis longtemps en faveur de la gratuité scolaire pour tous les cycles d’études. Nous devons atteindre cet objectif, au pire de manière progressive. Nous vivons dans une société atomisée où le chacun pour soi et la vision à court terme sont maîtres. Or, nous n’avons plus le moyen du chacun pour soi. Ça coûte beaucoup plus cher d’être dans le chacun pour soi que de penser collectivement. Nous voulons faire de la solidarité comme valeur collective l’assise de l’action politique au Québec. Il faut prendre conscience des liens d’interdépendance qui nous unissent tous, que nous le voulions ou non. Laissons notre imagination parler. Par exemple, alors qu’il manque de places en garderie, pourquoi ne pas en mettre dans les centres de personnes âgées ? Il y a aussi l’importance d’aller voter. Les taux de participation aux différentes élections sont en baisse constante. Il est primordial d’en faire plus pour encourager les gens à exercer leur droit de vote.
N. G. – Pourquoi avoir opté pour un mouvement plutôt qu’un parti politique ?
M. L. –
En discutant avec mon entourage, j’ai réalisé qu’un porte-voix, un mouvement politique serait probablement plus profitable, plus représentatif de ce que je porte en moi. Lorsqu’on parle de parti politique, les fleurs se fanent autour de nous. Le mot « politique » rebute les gens. Ça complique grandement la mission que nous nous sommes donnée qui est d’atteindre le cœur des citoyens. Nous ne comptions pas présenter de candidats de toute façon.
N. G. – Êtes-vous encouragé par un certain réveil de la société civile observé suite aux récents mouvements de contestation ?
M. L. –
Oui. J’ai espoir. Lorsqu’on arrive au bout d’un chemin, un autre voyage commence. Je sens que nous sommes au seuil d’une nouvelle saison. Un changement de garde se prépare au niveau de la représentation politique, de même que la façon de faire de la politique se transforme. Restons ouverts à l’idée de faire de la solidarité entre les générations une valeur collective. Peu importe ce qui nous attend, ce sera en évitant d’être cynique et en ramenant un peu de cœur et d’humanisme dans le discours politique que nous ramènerons également les gens aux urnes. Les Québécois et les Québécoises ont toutes les ressources pour former un peuple fort et exemplaire ; ils seront derrière celui ou celle dont le discours évoquera, dans une vision à long terme, aussi bien l’importance d’une bonne comptabilité que celle de la solidarité entre générations et des valeurs humaines qui la tissent.

Alliance et Solidarité Entre Générations est présentement en récolte d’appuis. Le site internet www.asseg.ca sera lancé bientôt. Vous pouvez déjà faire partie d’une liste d’envois en écrivant à info@aseq.ca ou encore par le biais de la page Facebook de Martin Léon.

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