
La CAQ va-t-elle disparaître?
Pour reprendre l’expression de Jacques Parizeau, le premier ministre Legault « s’autopeluredebananise » plus souvent qu’à son tour. En conséquence, la liste des problèmes s’allonge : le scandale SAAQclic, la faillite de Northvolt et l’argent public parti en fumée, le projet de constitution critiqué de toutes parts, le nombre élevé de départs dans la députation, etc. Notre région vivait déjà des enjeux d’accès aux soins de santé, avec des menaces de fermeture des urgences et des compressions de 33 millions $ au CISSS d’ici mars 2026, et la loi 2 ne réglera pas la situation. On entend le bip-bip du camion qui recule, mais le lien de confiance est rompu. Même chose avec la réforme du régime forestier. Le secteur et les gens qui en vivent subissent de plein fouet les tarifs de notre voisin du sud et le projet de loi, qui a suscité presque l’unanimité contre lui, est annulé. C’est donc un retour à la case départ, avec l’ex-ministre Blanchette Vézina sacrifiée par la même occasion. Le premier ministre a suggéré aux personnes qui travaillent dans le domaine de se recycler… Ajoutons à cela la sempiternelle valse de l’autoroute 20 : fera, fera pas, qui sonne étrangement comme le projet évanescent du troisième lien. Ce n’est pas pour rien qu’un peu partout au Québec, le parti est menacé de disparaître.
Vers un troisième référendum?
La nature a horreur du vide, paraît-il, et le Parti québécois profite du dégonflage de la balloune CAQ. Après des décennies de tergiversation sur le sujet, Paul St-Pierre Plamondon semble (pour le moment) déterminé à rejouer dans le film référendaire. Quand un débat à propos de la création d’une monnaie québécoise après l’indépendance du Québec éclate, ça va bien pour le PQ. À quel point l’appui au parti est-il sincère, ou simplement un vote de protestation contre la CAQ? Les derniers sondages révèlent que les intentions de vote favorables à l’indépendance se situent encore loin du 50 % et que plusieurs personnes qui voteraient pour le PQ mettraient tout de même un X à côté du Non sur le bulletin de vote. En 1995, la campagne du Oui avait remonté la pente, mais rien n’indique que l’histoire peut se répéter. Par contre, ce qui se répète, ce sont les arguments de peur contre l’indépendance du Québec lancés par les libéraux fédéraux et provinciaux. Normalement, la perspective d’un troisième référendum devrait réjouir le Parti libéral du Québec, LE parti fédéraliste. Mais en moins de temps qu’il le faut pour dire UPAC, le fantôme des années Charest est apparu, avec ses odeurs de corruption et de copinage pour emporter Pablo Rodriguez. La question maintenant : qui mènera le PLQ vers une autre défaite électorale?
Cela dit, la question qu’on ne se pose pas assez, c’est plutôt à quoi ressemblerait un Québec indépendant? Le PQ ne veut pas laisser la CAQ occuper seule le terrain du nationalisme identitaire et propose, par exemple, de renchérir en diminuant les seuils d’immigration à 35 000 par année (la CAQ vient de les réduire à 45 000). En 1995, le premier ministre Parizeau avait réussi à former une grande coalition pour le Oui. Le ton des attaques entre les deux partis officiellement indépendantistes, le PQ et Québec solidaire (malgré l’élection comme co-porte-parole d’un ancien d’Option nationale, Sol Zanetti), nous fait constater qu’on est loin de la coupe aux lièvres, pour citer Jean Perron.
Enjeux
Encore en 2026, l’environnement sera relégué à l’arrière-plan parmi les préoccupations des gouvernements et de l’électorat. Il n’y a qu’à voir aller le gouvernement fédéral, qui semble plus conservateur que les conservateurs sur cet enjeu, pour comprendre que ça risque de se répéter aussi au Québec. Quand Bernard « lâchez-moi avec les GES » Drainville est ministre de l’Environnement, ça part mal. Son projet de réduire le temps consacré aux évaluations environnementales pour les grands projets l’illustre à merveille.
Quel enjeu monopolisera l’attention? À moins d’un revirement spectaculaire, les carottes sont cuites pour la CAQ. Les gens sont tannés et veulent une solution de rechange. La crise du logement et la hausse du coût de la vie vont demeurer des enjeux incontournables, car tout le monde subit les impacts de l’inflation et plusieurs vivent les conséquences de la pénurie de logements. Quelles propositions les partis politiques offriront-ils pour s’attaquer à ces problèmes? À suivre dans une élection près de chez vous!


