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Les Soulèvements du Fleuve

Par Mathieu Perchat le 2024/09
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Les Soulèvements du Fleuve

Par Mathieu Perchat le 2024/09

L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

Les Soulèvements du Fleuve sont nés de la convergence de plusieurs luttes locales dispersées à travers divers territoires, avec pour ambition de mettre en mouvement un vaste réseau de résistance contre le développement industriel, colonial et extractiviste. Ce mouvement vise à créer une résonance entre les initiatives de résistance et à organiser les forces pour contrer ceux qui exploitent et détruisent le vivant. Il répond à l’appel international des Soulèvements de la Terre, cherchant à interrompre la course catastrophique du progrès industriel, à perturber ses flux incessants et à ébranler les infrastructures qui le soutiennent.

Un Mouvement Structuré Autour de Luttes Locales

Chaque saison des Soulèvements du Fleuve s’articule autour d’un ou plusieurs thèmes incarnés par des luttes locales spécifiques. Ces luttes permettent de rallier les forces, tant dans les grandes villes qu’en régions, afin d’intensifier et de mieux partager les combats menés. Ce mouvement se veut un nouvel équilibre des forces, un contrepoids à la pression exercée par les projets industriels qui menacent les écosystèmes et les communautés locales.

Un premier angle d’attaque : le projet Saint-Laurent

Le point de départ de cette résistance est le Projet Saint-Laurent, une initiative de reconfiguration majeure de l’économie québécoise. Ce projet se propose de transformer les basses-terres du Saint-Laurent en une Silicon Valley à la québécoise, avec la multiplication des complexes techno-industriels. Des exemples de cette transformation sont déjà visibles : la méga-usine Northvolt en Montérégie, les projets de pôles industrialo-portuaires à Lévis et Contrecoeur, ou encore la plateforme de transbordement de Ray-Mont Logistique à Montréal. Cette vision de la transition énergétique, axée sur la croissance économique plutôt que sur la sobriété, s’accompagne de graves conséquences pour l’environnement et les communautés locales.

Un développement extractiviste et colonial

Le projet de développement du Saint-Laurent s’inscrit dans une logique extractiviste et coloniale. Le gouvernement québécois, sous le slogan « Habiter notre Nord », s’engage dans un nouveau cycle d’exploitation des territoires, en particulier des régions boréales riches en ressources naturelles. Ce développement se traduit par la destruction des forêts, le creusement de la terre, et l’exploitation des rivières, au détriment des populations locales et des écosystèmes. La course aux minéraux stratégiques pour l’industrie des batteries accélère cette colonisation, ignorante des droits autochtones et des impératifs environnementaux.

La menace sur le fleuve Saint-Laurent

L’un des aspects les plus préoccupants du Projet Saint-Laurent est l’impact sur le fleuve lui-même, ses berges et ses affluents. Pour faciliter l’extraction des minéraux du Nord et le transport des marchandises, il est prévu d’agrandir les ports et de creuser le fleuve pour accueillir des navires de plus grand tonnage. Ces opérations menacent les habitats essentiels d’espèces en voie de disparition, comme le chevalier cuivré et le béluga. De plus, elles accentuent la pression sur les rares espaces naturels encore existants, notamment dans l’Est de Montréal, où la lutte pour préserver les espaces verts se fait de plus en plus pressante.

Objectifs : identifier les responsables et renforcer la résistance

Les Soulèvements du Fleuve se concentrent sur la lutte contre les véritables responsables de la crise écologique actuelle. Le mouvement rejette les approches qui culpabilisent les individus ou qui laissent le changement entre les mains des intérêts privés. La responsabilité des entreprises dans la destruction environnementale est bien établie, tout comme le soutien indéfectible des États à ces projets destructeurs. Les Soulèvements du Fleuve s’organisent pour créer un réseau de résistance dense et interconnecté, dépassant les frontières et les fractures héritées du colonialisme, avec l’objectif de contrer les architectes de l’économie de la mort.

Reprendre l’offensive : une révolution écologique

Aujourd’hui, il est nécessaire de reprendre l’offensive, tant symboliquement que matériellement. Cela implique de déconstruire les discours dominants sur l’économie et de promouvoir d’autres visions pour l’avenir. Le mouvement appelle à défendre les territoires menacés, à les restituer aux communautés concernées, et à les réinventer avec de nouvelles pratiques écologiques et collectives. Il s’agit de préserver des espaces improductifs, de refuser de tout réduire à une valeur économique, et de créer de nouveaux liens avec les territoires.

Les Soulèvements du Fleuve ne sont ni une organisation ni un groupe en particulier, mais une composition de résistances face à l’économie qui menace la vie sur Terre. Le temps est venu de se soulever et de reprendre en main l’avenir des territoires et des communautés.

Pour rester informé des prochaines actions, il est possible de s’inscrire à l’infolettre du mouvement ou de contacter les Soulèvements du Fleuve pour plus d’informations via l’adresse : soulevements_du_fleuve@riseup.net.

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