
L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local
Les communautés autochtones jouent un rôle crucial dans la richesse culturelle de l’Est québécois. Les Mi’gmaq de la Gaspésie et les Malécites de Cacouna contribuent à préserver et partager leur patrimoine ancestral à travers des sites remarquables et des traditions vivantes. Tout comme la Première Nation Wolastoqiyik (Malécite) Wahsipekuk située sur les rives du fleuve Saint-Laurent qui a célébré son Pow Wow durant la fin de semaine du 17 et 18 août à Cacouna.
Ces évènements et partages sont une bonne occasion pour s’interroger sur la fine ligne qui sépare l’appropriation de l’appréciation culturelle.
L’Appropriation culturelle : un sujet sensible exploré par Catherine Boivin
Catherine Boivin, artiste multidisciplinaire de la communauté Atikamekw de Wemotaci, a récemment pris la parole devant les étudiants du Cégep de Chicoutimi lors de la 7e édition de la Semaine MAMU/Ensemble. Connue pour ses interventions sur les réseaux sociaux, où elle est suivie par plus de 32 000 personnes sur TikTok sous le pseudonyme @otehima, Catherine Boivin a abordé de manière franche et directe la question complexe de l’appropriation culturelle.
Pour Catherine Boivin, l’appropriation culturelle va au-delà de la simple emprunte culturelle ; c’est un acte qui perpétue souvent l’oppression et l’effacement des cultures autochtones. Elle souligne que trop souvent, des éléments culturels autochtones sont utilisés sans consentement ni compréhension de leur signification profonde, réduisant ainsi des pratiques sacrées à de simples produits commerciaux.
Distinction cruciale : appropriation vs appréciation culturelle
L’artiste insiste sur la nécessité de différencier l’appropriation de l’appréciation culturelle. Alors que l’appropriation implique un acte unilatéral qui profite principalement à celui qui s’approprie, l’appréciation culturelle est fondée sur le respect, la reconnaissance et la permission. Catherine Boivin cite Niigaan Sinclair pour illustrer cette distinction : « Dans l’appréciation, il y a un échange, une responsabilité et une éthique ».
Éduquer et sensibiliser : une mission partagée
L’objectif de Catherine Boivin n’est pas de blâmer, mais d’éduquer. Elle encourage activement les étudiants et le grand public à soutenir les artistes autochtones de manière authentique et respectueuse. Elle propose des outils concrets, comme le logo de l’ours de la Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador, qui certifie l’authenticité des produits autochtones.
En conclusion, Catherine Boivin invite chacun à s’engager dans une véritable appréciation des cultures autochtones, en participant par exemple aux pow-wow et en soutenant les artisans locaux. C’est ainsi que, collectivement, nous pouvons construire un avenir où la diversité culturelle est célébrée et respectée.
MYRIAM ARSENAULT, « Différencier l’appropriation de l’appréciation culturelle », Initiative de journalisme local – Le Quotidien, 30 mars 2023, Url : https://www.lequotidien.com/2023/03/30/differencier-lappropriation-de-lappreciation-culturelle-33d4871b9b80068a7bce39db13cdff1b?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR20RON1Wx-7PptupwWTTTMujbpNQW-Gs7bM9BIHZ91mRCjr1B0l6eEADMw#Echobox=1680138559


