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Une autre agriculture est-elle possible ?

Par Mathieu Perchat le 2024/07
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Une autre agriculture est-elle possible ?

Par Mathieu Perchat le 2024/07

L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

L’agriculture industrielle employée jusqu’aujourd’hui a rempli son rôle : celui de sortir l’occident de la faim en bâtissant une sécurité alimentaire. C’est grâce à cette situation sécuritaire qu’il devient possible d’envisager confortablement des chemins plus vertueux sur le plan écologique et humain de l’agriculture.

En effet, plusieurs cris d’alarme destinés à soulever les limites de notre système actuel ont été émis. Le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie ont connu plusieurs rassemblements d’agriculteurs initiés par l’Union des producteurs agricoles (UPA), pour manifester leur désarroi face à la situation du secteur agricole. En effet, sa situation est plus que préoccupante. Il devient alors nécessaire de trouver des solutions applicables.

Sa situation actuelle

La situation du secteur agricole provient de son inadaptabilité envers le contexte économique actuel et surtout futur. En effet, l’objectif dicté aux agriculteurices reste celui de la surproduction. Elle est rendue faisable par la mobilisation de moyens toujours plus gourmands en ressources : la spécialisation, l’agrandissement des surfaces, l’utilisation d’intrants, etc.

Or, le contexte économique actuel démontre que ce mode de production est une impasse dans laquelle la plupart des agriculteurices ne peut sortir.

Une difficulté à sortir du système

En effet, une ferme ne peut changer son mode de production perfectionné durant des générations. Cette surspécialisation ne laisse aucune porte de sortie : « la grande diversité des terroirs, des productions et de la taille des exploitations […] compliquent toute transformation en profondeur des systèmes de production » (Neveu, 2024).

C’est la raison pour laquelle un certain nombre d’exploitations agricoles conservent le plus longtemps possible leur modèle de production en évitant toute remise en question. Par exemple, l’introduction de nouvelles cultures comme le sorgho ou les légumineuses vont compliquer leurs tâches tout en offrant des marges unitaires médiocres.

Or, nous savons toustes que l’agriculture intensive reste un secteur qui consomme beaucoup d’eau. Pourtant, avec la répétition des sécheresses et des canicules pendant la période végétative, le rendement des cultures est mis en péril. Pour y remédier, les exploitations intensives se tournent vers l’unique solution que le système offre : l’irrigation. « Mais dans ce domaine, le monde agricole n’est ni très partageux, ni un adepte de la sobriété, lorsque ses intérêts sont en jeu » (Neveu, 2024).

De ce fait, on constate que la protection de l’environnement, la réduction des émissions de gaz à effet de serre ou la préservation de la biodiversité restent très peu pratiquées dans le secteur agricole. Cela en raison de la difficulté pour les exploitations de sortir du système de production intensive.

Des solutions déjà en place

Cependant, certaines fermes ont déjà adopté de nouvelles pratiques. Par exemple, de petites exploitations diversifient leurs productions et recourent à la vente directe, parfois après avoir transformé leurs produits à la ferme, comme les différentes exploitations qu’incube la Fiducie Sageterre située à Rimouski.

Neveu, André. « Une autre agriculture est-elle possible ? », Paysans & société, vol. 405, no. 3, 2024, pp. 20-24.

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