Actualité

Le centre-ville se dévitalise

Par Mathieu Perchat le 2022/12
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Le centre-ville se dévitalise

Par Mathieu Perchat le 2022/12

L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

               À la suite d’une étude menée sur le taux d’occupation des commerces du centre-ville de Rimouski hors période estivale, le constat d’un taux plus élevé que la moyenne provinciale démontre une dévitalisation du centre.

Comme le constate la firme qui a émis la recherche, les activités se placent autour des points d’accès en voiture. Ainsi, pour attirer la population dans le centre, la question de ce qui réduit la fréquentation ou la freine se pose : « Est-ce qu’il manque de mobilier urbain pour permettre à la population vieillissante de s’asseoir ? Est-ce que l’éclairage et la signalisation sont défaillants ? Doit-on arranger un bout de trottoir cassé ? Le zonage est-il adéquat pour le secteur ? ».

À la suite de cette étude, la ville de Rimouski a lancé un plan d’action pour revitaliser son centre-ville. Des appels à proposition sont émis à la population et aux organismes à but non lucratif entre 2022 et 2023.

                L’étude a émis un point qui ne fait pas consensus dans la communauté de chercheuses et chercheurs en urbanisme. En effet, se poser les questions de ce qui gêne la fréquentation du lieu est très pertinent, mais mettre en avant la nécessité pour un centre-ville d’être accessible en voiture recèle le point de divergence.

Prenons un exemple de ville qui a connu le même problème de dévitalisation de son centre et sa solution. Pontevedra en Espagne a priorisé les piétons et piétonnes en rendant inaccessible aux voitures son centre. Non seulement le centre s’est revitalisé mais les personnes passaient bien plus de temps pour s’y promener, se rencontrer et par conséquent, augmenter le revenu des commerces.

Libérer le centre-ville de la voiture est justement le point qui a permis de concentrer les personnes dans ce secteur en les éloignant des grands centres commerciaux périphériques. Bien entendu, le climat à Rimouski peut sembler être un frein à première vue. Mais l’engouement des personnes à se promener en nature, à réaliser des sports d’hiver, à se rendre sur la berge du fleuve démontre que le froid n’est pas une limite à habiter un espace collectif. Surtout si ce même espace présente des infrastructures propices à la flânerie, au repos et à la convivialité. 

Un centre qui privilégie les voitures rend ce secteur inaccueillant pour les personnes à pied. L’espace est encombré par les voitures et est dominé par elle. Le choix de privilégier la voiture relève d’une décision politique qui ne va pas forcément dans le sens de ce qui est bon pour un espace qui se doit d’être accueillant.

Surtout qu’à Rimouski, l’exemple du centre piéton et de son agréabilité est démontré l’été. Et qu’il existe déjà une double voie parallèle au centre qui rend la promenade au bord du fleuve déjà peu agréable. Libérons au moins le centre-ville de la voiture, pour se diriger vers une revitalisation. Car pour le moment, le centre est un lieu de passage et non un lieu de vie.

Sources

Rebekka Endler, Le patriarcat des objets, Paris, Édition Dalva, 2022, p. 46-48.

https://www.lavantage.qc.ca/article/2022/10/04/le-centre-ville-se-devitalise

Le projet de relance : https://rimouski.ca/ville/decouvrir/actualite/lancement-dappels-dinteret-et-de-projets-pour-la-relance-du-centre-ville

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