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Pour un réchauffement social

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Pour un réchauffement social

Le premier Forum social mondial est né dans la mouvance altermondialiste, comme un contrepoids créatif à l’ordre politique et économique mondial. Non partisans, les forums sociaux ne visent pas la prise de positions communes, mais plutôt le partage de réflexions et d’actions possibles. Ils constituent un espace décloisonné et autogéré par les citoyens et les citoyennes et visent la convergence des luttes et des actions locales, régionales et internationales. Aujourd’hui, nous savons que les décisions politiques à différentes échelles ont nécessairement d’importants impacts sur le territoire. Mais nous savons aussi à quel point nos actions, nos prises de positions, nos innovations locales ou régionales constituent le fer de lance de notre devenir. Notre connaissance de la région et des gens qui l’habitent et le territoire de nos quotidiens sont certainement une de nos forces vitales.

Ainsi, si les forums sociaux ont d’abord été des espaces mondiaux, le besoin s’est fait sentir de mettre en place des forums à une échelle régionale ou locale. Au Bas-Saint-Laurent, c’est Esprit-Saint qui a accueilli la première édition du Forum social en 2011. Plusieurs se souviennent de ce rendez-vous qui a compté sur la participation de 500 personnes! Du 19 au 21 septembre prochains, c’est Saint-Mathieu-de-Rioux (MRC des Basques) qui recevra le second Forum social bas-laurentien (FSBL). La spécificité d’un forum social régional est de se pencher sur les réalités propres à un milieu et de partager des expériences, des savoirs, des solutions concrètes pour une région.

La thématique « Vivre ensemble, d’hier à demain » met la table de manière large et ouverte aux réflexions qui animeront les ateliers et les activités du second Forum social. Le « vivre-ensemble », c’est d’abord et avant tout une manière d’habiter le territoire, de s’y engager, d’en faire un lieu d’appartenance. Cette appartenance est loin d’être statique et se multiplie en une foule de lieux identitaires : le genre, la génération, le fait d’être néo-régional, néo-rural, néo-québécois, artiste, élu, bénévole, travailleur, environnementaliste, féministe, militant, etc. En mettant de l’avant ce « vivre-ensemble », le FSBL fait le pari que la mise en commun de différentes visions s’avère un moyen d’enrichir notre compréhension de la région et de nourrir des moyens d’action. Comme l’action en vase clos et en silo ne mènera jamais aussi loin que l’action portée collectivement et comme l’engagement social et l’action collective exigent un travail acharné et beaucoup de patience, le FSBL se veut un espace pour se ressourcer et partager des questionnements et des solutions au cœur du devenir de notre région.

Les deux porte-parole de l’édition 2014 témoignent bien de cette dynamique plurielle et de l’importance de l’engagement. Chantale Lavoie, préfète de la MRC de la Matapédia, est une femme résolument engagée et amoureuse de sa région. Œuvrant dans le monde politique, elle défend les enjeux de développement territorial, notamment à travers la valorisation du secteur forestier dans la Matapédia. Elle sait de quoi elle parle lorsqu’elle affirme qu’il faut aller de l’avant, foncer et aller chercher les outils et le financement dont on a besoin en tant que collectivité afin de mener à bien des projets de longue haleine. Le porte-parole Sébastien Rioux, lui, témoigne par son implication de l’importance de la culture et de l’engagement citoyen. Cofondateur du festival Échofête, il a milité contre un projet de minicentrale hydroélectrique sur la rivière Trois-Pistoles et contre l’exploitation des gaz de schiste. Selon lui, des événements comme le FSBL sont des moments essentiels de réseautage et de partage d’idées innovantes afin de maintenir active l’implication et de se sentir appartenir à sa région.

Un espace autogéré

En tant qu’espace autogéré, la programmation du FSBL est constituée d’ateliers et d’activités créés par des personnes et des organisations qui en ont pris l’initiative afin de répondre à des besoins concrets et exprimer les aspirations propres à notre région. Les ateliers viseront prioritairement l’échange participatif (et non seulement la connaissance experte) et la convivialité. À la suite de l’assemblée d’ouverture, les participants pourront s’inscrire sur place aux ateliers qui auront entre autres comme thèmes l’action citoyenne, l’environnement, « le » et « la » politique, ainsi que d’autres enjeux sociaux.

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