Champ libre

Un chipmunk sur le Red Bull

Par Marc Simard le 2014/01
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Champ libre

Un chipmunk sur le Red Bull

Par Marc Simard le 2014/01

Originaire de Notre-Dame-du-Lac au Témiscouata, Lindsay Jacques-Dubé a obtenu un baccalauréat multidisciplinaire en économie, en droit et en ressources humaines il y a quelques années à peine. Pour payer ses études, elle a travaillé auprès du ministre libéral Raymond Bachand. Jusque-là, rien pour écrire à sa mère! Au fil de son périple politique, elle s’est retrouvée au cabinet de la ministre Marguerite Blais. La jeune femme de 26 ans explique que ce sont les gens qui l’ont amenée vers le Parti libéral et non ses politiques. C’est la communication, les contacts personnels et l’écriture qui la motivent. Mais le 5 novembre 2012, la défaite des libéraux aux élections provinciales la mène au chômage. Elle décide de créer un blogue qui relate ses expériences professionnelles mais surtout personnelles, ses états d’âme, ses péripéties, ses bons et ses mauvais coups. Pour « ventiler après la défaite électorale », dit-elle. Devant le succès de son blogue et après un texte publié dans un magazine féminin, un éditeur lui propose une publication. Lindsay est aux anges! Mais elle doit écrire un chapitre par semaine tout en travaillant pour une firme de communication. « Je travaillais de 50 à 60 heures par semaine et passais près de 40 heures par semaine à écrire mon roman. »

La question se pose : pourquoi opter pour un livre de « filles »? De la « chick lit », comme disent les Américains. Des histoires tirées du quotidien traitées de manière superficielle et humoristique. La légèreté en 150 pages. « Le roman est un peu un hymne à la résilience puisque, dans la vie, on ne contrôle pas ce qui nous arrive », dit l’auteure qui ne rejette pas l’idée d’écrire d’autres ouvrages plus « sérieux ». Avec son passage au sein de l’appareil décisionnel de l’État, elle connaît sans doute des récits qui pourraient intéresser d’éventuels lecteurs.

Avant la sortie de 21 robes, la jeune auteure craignait énormément les réactions. Serait-elle prise au sérieux? Elle qui faisait le saut de la très sérieuse politique à un style d’écriture si « facile ». Et cette pression, elle la ressentait : « J’étais comme un chipmunk sur le Red Bull! »

Lindsay Jacques-Dubé hésite à se lancer dans l’écriture d’une véritable fiction. Elle dit avoir de la difficulté à inventer des histoires « Je trouve ça gênant », admet-elle.

Les commentaires d’une lectrice

La plume de Lindsay Jacques-Dubé est enjouée et attachante : on a presque le goût d’enfiler une de nos robes pour prendre un verre de rosé avec elle. Dans le style de Helen Fielding et son célèbre personnage de Bridget Jones, Lindsay se raconte, avec un humour savoureux, dans son quotidien bas-laurentien sur fond de vie politique. La forme est fluide et l’écriture bien rythmée. Le texte mène à de belles réflexions sur la quête de soi, les déceptions féminines et tout le féminin de l’énergie et la capacité à rebondir. En filigrane, on entrevoit les allégories du paraître dans lesquels on se vautre. Un bien joli miroir des idéaux féminins auxquels on croit toujours. Force est d’admettre que la vie se charge de déshabiller les beaux contes de fées intérieurs auxquels on rêvasse, mais sans vraiment nous faire perdre le goût d’être, par moments, une princesse. Une vraie! Même si le port du talon haut est risqué et vertigineux. Ce n’est pas ça avoir de l’audace?

21 robes : 21 histoires, 21 plaisirs ou 21 façons d’aborder la vie avec béatitude et surmonter les épreuves avec humilité et finesse, tout en restant coquette évidemment On est manifestement piqué de curiosité et de sympathie à sa lecture qui va bien au-delà de sa penderie et de son blackberry. C’est ça la résilience!

Hélène Tremblay, Rimouski

Lindsay Jacques-Dubé, 21 robes. Toutes les robes ont une histoire, Recto-verso, 2013, 220 p.

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