
Ça fait déjà plusieurs mois que le dude blanc est premier ministre du Canada. Ça m’a pris plusieurs semaines à comprendre. Je veux dire, le gars est assermenté le premier ministre du Canada, mais ça avait pas encore processé dans mon cerveau. Je prononce encore son nom de famille comme si c’était une pièce de viande en espagnol… et honnêtement, je ne sais pas exactement comment autrement on devrait prononcer son nom? Eh oui, dans notre système bipartite, les gens ont voté contre le candidat bleu et ont élu un banquier rouge, par défaut.
Lorsque Marc, rédacteur en chef du Mouton Noir, celui-là, m’a demandé de pondre un texte sur « les premiers mois de mandat de Mark Carney », je me demandais bien ce que j’allais pouvoir raconter. J’ai à peine suivi la politique fédérale dans la dernière année, et la campagne électorale si peu. J’ai démissionné de mon poste de chef rhinocéros il y a six mois, et cela me fait le plus grand bien. Mais n’empêche, le premier ministre du Canada est une personne qui a de l’importance sur nos vies, qu’on le veuille ou non.
Donc voilà. Un vox pop?
« – Qui ça? »
« – Euh, ouin? »
« – Trump […] est […] vraiment […] dangereux […]! »
Ok, j’abandonne le vox pop.
La politique fédérale. Le choix du tyran.
Une des choses les plus absurdes que j’ai entendues en politique fédérale de toute ma vie est la proposition de faire venir le chef d’État du Canada, le roi d’Angleterre, afin d’affirmer l’indépendance territoriale de notre colonie. Waouh, quelle incroyable et absurde nouvelle ai-je entendue là! La venue du roi du Canada, ou plutôt, devrais-je dire Charles III (insérer titre complet ici) est la preuve irréfutable que nous vivons dans une colonie britannique. Souveraineté? Autonomie? Le monde politique et le monde médiatique sont sur une mauvaise pente descendante.
Ce qui m’amène au titre de l’article : l’irrigation de l’illusion. Irrigation : Arroser un sol par des moyens artificiels. En ce mois de juin, je m’échine à créer des jardins pendant que les clowns pathétiques du parlement travaillent sans relâche à vendre leur salade aux Canadiennes et aux Canadiens. Jamais n’a-t-on entendu parler aussi fort d’unité canadienne, on voit des rencontres entre les provinces d’où tout le monde sort souriant, mais que s’est-il passé pour que le Canada soit si uni pour la première fois depuis 1759?
L’ennemi est la grande entreprise. Multimilliardaire, elle est plus puissante que nos gouvernements. Elle crée des crises économiques à elle seule. Elle a le pouvoir de vie et de mort sur des populations entières. Elle participe à la destruction de nos économies locales, faisant du dumping à outrance le temps que nos habitudes d’achat changent et que nos petits commerces ferment, et exerce ensuite un monopole en faisant jouer les prix comme bon lui semble. C’est la grande entreprise qui a le véritable pouvoir. C’est elle qui est sortie gagnante de la pandémie. C’est elle qui sort gagnante de la division et de la peur. Et c’est celle-là qu’on garde comme alliée.
L’irrigation du pouvoir : entre les mains des grandes entreprises.
Pierre Falardeau serait fier : vive nos chaînes! Prédiction : Mark Carney pour encore trois ans et demi.


