
L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local
Depuis des décennies, l’activité artisanale et commerciale est fragilisée dans le centre des villes et des villages, un transfert s’étant opéré vers les centres commerciaux en périphérie. Alors que les exigences des consommateurs privilégient les producteurs et acteurs locaux, que la transition énergétique impose une diminution drastique des transports, l’artisanat peut-il jouer un rôle majeur pour redynamiser les centres villes ?
les villes sont sources de dynamisme économique, patrimonial, culturel et social, mais elles connaissent des difficultés d’attractivité, de logements dégradés ou de vitalité commerciale, renforcées par des modèles d’aménagement qui permettent l’installation des commerces, services et zones résidentielles vers la périphérie. en dépit de politiques publiques récentes visant à revitaliser les centres-villes, ceux-ci sont souvent désertés.
La culture en général et les savoir-faire traditionnels en particulier représentent des leviers importants de développement culturel et social ainsi que de croissance économique. L’artisanat participe incontestablement au rayonnement du territoire.
Par sa dimension économique et sociale, le secteur de l’artisanat est un véritable atout. il contribue de manière significative à la qualité de vie de nos concitoyens, forme les futures générations, favorise l’insertion professionnelle et la transmission des savoir-faire, renforce la cohésion sociale et dynamise l’emploi local.
les bénéfices économiques que peut engendrer l’artisanat traditionnel, notamment dans les domaines de l’emploi, des petites entreprises, du commerce et du tourisme. en développant l’artisanat on permet à la population locale d’améliorer son niveau de vie sans épuiser pour autant les ressources naturelles renouvelables.
Ces actifs culturels et immatériels créent, à long terme, un dynamisme économique et culturel, améliorent la qualité de vie, renforcent le capital social d’un quartier, encouragent les activités touristiques.
l’amélioration de la situation de l’emploi et les possibilités d’activités rémunératrices qu’offrent les métiers artisanaux – sculpture sur bois, tissage, poterie, etc. – ne peuvent que contribuer à perpétuer les connaissances traditionnelles détenues par les artisans eux-mêmes.
L’économie circulaire et plus largement le développement durable sont dans l’ADN des artisans. Il faut s’appuyer sur les entreprises artisanales pour structurer l’économie de demain.
Dans cette perspective, les savoir-faire liés aux métiers artisanaux jouent un rôle déterminant dans la conception et la mise en oeuvre de projets de développement local, de revitalisation des quartiers et d’attraction touristique.
L’importance des métiers d’art et des savoirfaire va aussi au-delà des impacts strictement économiques. Fortement ancrés dans un territoire et parfois spécifiques à une communauté, ces savoir-faire représentent un facteur de cohésion et d’identité. De plus, leur dimension sociale, valorisée au sein de projets de réinsertion de jeunes et de groupes en difficulté, permet de créer un lien avec le passé, de renforcer les rapports sociaux et de construire un système de valeurs fondamentales pour l’avenir d’un individu ou d’une communauté.
Les savoir-faire contribuent aussi à lanconservation du patrimoine existant, mobilier et immobilier. les savoir-faire artisanaux et artistiques peuvent inciter la créativité et permettre d’enrichir continuellement notre patrimoine, en donnant une forme aux valeurs du présent.
La prise en considération des savoir-faire, développés et adaptés au fil du temps et aux conditions locales, vise à concevoir un développement qui ne fait pas abstraction des préoccupations environnementales, des problématiques sociales et des spécificités culturelles.
plus généralement, tous les métiers d’art, qui permettent d’obtenir des objets à la fois utiles et beaux, contribuent à l’adoption d’un style de vie plus durable : « un produit fonctionnel et esthétiquement réussi est, par définition, un produit dont on se soucie plus et qui reste plus longtemps dans nos habitations. La beauté est un ingrédient essentiel de la durabilité ; un antidote au modèle de consommation jetable.
Plusieurs métiers artisanaux montrent cette capacité de créer et maintenir un équilibre avec le territoire dans lequel ils se sont développés.
la nécessité de fonder l’aménagement et le développement d’un territoire sur les ressources et les savoirfaire locaux.
Cominelli, F. (2015). Repenser le développement durable : quel rôle pour les savoir-faire et les métiers d’art ? Material Culture Review, 82-83, 71–83.


