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LA CONSTRUCTION DE LA VIOLENCE, DE L’INJUSTICE PAR LES MINIÈRES AU MEXIQUE:Le film documentaire La garde blanche du cinéaste Julien Élie

Par Michel Lagacé le 2024/12
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LA CONSTRUCTION DE LA VIOLENCE, DE L’INJUSTICE PAR LES MINIÈRES AU MEXIQUE:Le film documentaire La garde blanche du cinéaste Julien Élie

Par Michel Lagacé le 2024/12

La construction de la violence, de l’injustice et la destruction des territoires par les minières canadiennes et américaines dans certaines zones rurales éloignés des grands centres urbains au Mexique, c’est en partie ce que raconte le documentaire La garde blanche (2023) du réalisateur Julien Élie, film qui a été, entre autres, projeté, en décembre 2024, dans les ciné-clubs du Bas-St-Laurent, dont Cinédit à Rivière-du-Loup. Dans ce documentaire aux images parlantes, les propos des villageois et villageoises témoignent, du bout des lèvres et la peur au ventre, que cette violence est bien réelle. Ces minières associées au crime organisé et à la corruption gouvernementale détruisent des villages et éloignent les paysans de leurs territoires ancestraux. Et ceux de ces groupes vulnérables qui contestent ou se plaignent sont souvent assassinés. L’impunité des agresseurs règne dans ces contrés.

Comme le dit l’un des protagonistes, avec la terreur en toile de fond, les minières de ces pays sont plus dangereuses au Mexique que le crime organisé, que même les narcotrafiquants. Il serait plus juste de dire que le terme « crime organisé » est au Mexique le synonyme de ces minières devenu pour ces habitants le pire des dangers.

Toute proportion gardée, aucune surprise pour ceux qui ont vu le documentaire Malartic* de Nicolas Paquet, entre autres documentaires, sur ces contextes et ces injustices faces aux populations locales et la destruction des territoires par les minières, même ici dans le nord québécois, sans les assassinats, il va sans dire, on est au Québec, mais la collusion avec les pouvoirs en place n’est pas absente.

L’architecture d’un système politique et financier et les abus, le pillage, la corruption et la criminalité commis par les multinationales minières canadiennes en Afrique ont déjà été décrites dans le livre Noir Canada (Écosociété,2008) du docteur en philosophie Alain Deneault. Ces minières ont d’ailleurs cherché à museler l’auteur, à stopper la publication et à poursuivre l’éditeur québécois Écosociété. Longue saga judiciaire pour cet éditeur et cette publication qui met en lumière cette violence faite aux populations locales de l’Afrique où elles se sont implantées. C’est déjà, à ce moment-là, la fin de l’image répandu du discours officiel d’un Canada bon, pacifique et généreux.

Même si « ces nouveaux maîtres (le grand capital) et leurs mercenaires imposent le silence et la terreur au Mexique » comme le décrit l’argumentaire du film de Julien Élie, Il est devenu presqu’impossible de nier cette violence et ces injustices des minières dans tous ces territoires puisqu’elles s’imposent encore à nous, par la force de tous ces documentaires et témoignages qui s’accumulent.

Les «dossiers noirs » du Québec,

Le Mouton noir, juillet-août 2024

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