
L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local
La FCCQ a pris position contre le prolongement de l’autoroute 20, appuyant plutôt une gestion axée sur l’entretien des infrastructures existantes. Cette recommandation est issue d’une étude approfondie publiée récemment, dans laquelle la FCCQ propose aux gouvernements du Québec et du Canada de privilégier le maintien de l’état des routes plutôt que de lancer de nouveaux projets d’infrastructures routières. Cette approche est mise en avant dans le « Scénario 6 » de l’étude et fait partie des recommandations de la FCCQ, qui rappelle par ailleurs que le Bas-Saint-Laurent est l’une des régions les plus touchées par le déficit en maintien d’actifs (DMA), ce qui reflète l’état de dégradation de ses routes.
Des conclusions partagées par divers acteurs sociaux et politiques
Sébastien Rioux, porte-parole du groupe **Le pont de la 20, ça tient pas debout**, se réjouit des conclusions de la FCCQ, soulignant que de plus en plus de voix, de toutes tendances politiques, s’opposent au prolongement de l’autoroute. Il perçoit dans les recommandations de la FCCQ un alignement avec les revendications de son groupe, qui milite depuis longtemps pour une approche plus durable et socialement acceptable des infrastructures de transport.
Parmi les recommandations avancées par la FCCQ, plusieurs éléments se distinguent :
– Prioriser le maintien des infrastructures existantes avant de construire de nouvelles routes ou autoroutes (recommandation 2).
– Prendre en compte les communautés locales, les impacts environnementaux et le contexte budgétaire des projets (recommandation 4).
– Accroître les investissements pour le maintien des infrastructures afin de favoriser le transport collectif et d’assurer un service intermodal efficace (recommandation 9).
Implications pour le projet de prolongement de l’autoroute 20
Les conclusions de la FCCQ mettent en question la pertinence du prolongement de l’autoroute 20 dans le Bas-Saint-Laurent, et soulèvent la nécessité d’améliorer plutôt la route 132, qui est une voie d’importance régionale. Selon M. Rioux, cette approche inclurait également la réalisation d’un nouveau Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour la portion de la 20 reliant le pont au-dessus de la rivière des Trois-Pistoles à la route 293. Cet examen permettrait de mieux évaluer les impacts environnementaux du projet et de répondre aux préoccupations des communautés locales, éléments essentiels pour assurer une acceptabilité sociale du projet.
La FCCQ préconise, de plus, un soutien actif au projet de la Régie de transport du Bas-Saint-Laurent, qui propose des initiatives en faveur du transport collectif régional. Cette approche inclurait notamment la mise en place d’une taxe sur l’essence pour financer ces améliorations, en vue de renforcer l’intermodalité dans cette région rurale.
Un signal fort en faveur d’une approche responsable et durable
Le positionnement de la FCCQ reflète une tendance croissante à repenser les investissements dans les infrastructures de transport, en privilégiant des solutions durables et adaptées aux besoins actuels et futurs des citoyens et des régions. En rejetant le prolongement de l’autoroute 20 et en soutenant des initiatives de transport collectif, la FCCQ adresse un message clair : il est temps de réorienter les politiques d’infrastructure vers une meilleure gestion de l’existant, tout en minimisant les impacts environnementaux et sociaux.
Le débat autour du prolongement de l’autoroute 20 illustre les tensions entre développement régional et impératifs écologiques et budgétaires. La position de la FCCQ pourrait bien influencer les décisions des gouvernements, en incitant ces derniers à réévaluer la pertinence de certains projets au profit d’une approche plus respectueuse de l’environnement et mieux adaptée aux besoins des communautés locales.


