L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local
Le vendredi 23 août à 19h, le Centre communautaire de Saint-Valérien accueille une projection inédite sur l’histoire de l’anarchisme, découpée en quatre volets. Le premier volet, intitulé « Démystifier un concept méconnu et mal compris », promet de jeter un éclairage nouveau sur un sujet souvent mal interprété.
La projection est gratuite ; popcorn et breuvages offerts sur place !
Cette projection revête une grande importance pour le contexte économique, sociétal et écologique que nous vivons actuellement, car il propose une pluralité de manières de faire société en se libérant des oppressions et des dominations actuelles.
L’anarchisme suscite aujourd’hui un grand intérêt grâce à ses discours portant à la fois sur le féminisme, le racisme ou encore l’écologie. Autant d’enjeux sur lesquels l’anarchisme propose des alternatives de sociétés pour en sortir.
L’anarchisme : une pensée sociale et politique
Pour beaucoup, l’anarchisme évoque le chaos et le désordre. Cependant, cette vision est erronée. En réalité, l’anarchisme est une théorie politique et un mouvement social qui interroge la nécessité de l’autorité étatique et cherche à abolir les institutions dominantes telles que le capitalisme, le patriarcat, le racisme et le colonialisme.
Les anarchistes ne séparent jamais l’idée de la pratique, chacune influençant l’autre. Il se fonde sur des revendications morales mettant en avant l’importance de la liberté individuelle, visant à éviter toute relation de domination. Ainsi, l’État est perçu comme une entité qui produit une domination injustifiée sur les individus. L’objectif est d’instaurer l’anarchie, c’est-à-dire l’autogestion, où le pouvoir est distribué entre tous les individus, sans concentration dans les mains d’une minorité.
Dans le courant anarchiste, l’État est clairement une entité qui produit une domination injustifiée sur les individus.
En résumé « l’anarchisme ne symbolise donc pas le désordre, mais bien un idéal pour toutes les luttes sociales en luttant contre tous les systèmes d’oppression et en souhaitant instaurer l’autogestion pour toutes et tous » (Fiore, 2022).
L’anarchisme ne se limite pas à la domination étatique, mais combat toutes formes de domination, qu’elles soient sexuelles, religieuses ou économiques. Il ne hiérarchise pas les luttes sociales et ne soutient pas que l’anticapitalisme soit primordial, reconnaissant que d’autres systèmes d’oppression ne disparaîtraient pas automatiquement avec la fin du capitalisme.
Cependant, certains courants anarchistes sont très peu abordés dans les milieux universitaires, dont celui de l’anarcha-féminisme. Or, ce courant revêt une place importante dans le courant féministe, mais aussi, « puisque l’anarchisme est une philosophie politique opposée à toute relation de pouvoir, il est intrinsèquement féministe » (Fiore, 2022).
L’anarcha-féminisme : une lutte intégrée contre toutes les oppressions
L’anarcha-féminisme joue un rôle crucial en articulant les luttes contre l’oppression des femmes et toutes autres formes de domination.
L’anarchisme, en luttant contre toutes les oppressions et en prônant l’autonomie, offre un héritage pertinent pour le féminisme. Il permet de lutter contre les oppressions multiples sans secondariser les luttes féministes.
Afin de lutter efficacement contre les institutions patriarcales dominantes, ce courant met l’accent sur l’autonomie et la non-mixité comme stratégies essentielles. En effet, les idéaux libertaires et féministes poussent à mettre l’autonomie au centre de leurs luttes.
Bien que ces pratiques aient parfois suscité des oppositions au sein des groupes mixtes, la non-mixité permet de contrer les comportements sexistes et paternalistes souvent présents dans les milieux militants mixtes.
Cependant, les milieux féministes eux-mêmes ne sont pas exempts de suprématie blanche, avec des comportements paternalistes de certaines femmes privilégiées envers les femmes racisées. Une solution pourrait être l’instauration de structures formelles pour minimiser ces comportements, malgré le fait que les structures informelles semblent moins autoritaires.
Conclusion
La projection du vendredi 23 août à Saint-Valérien sera une occasion unique de redécouvrir l’anarchisme sous un jour nouveau, en explorant ses différentes dimensions et son impact sur les luttes sociales actuelles. C’est une invitation à comprendre et à envisager des alternatives pour une société plus juste et égalitaire.
Jourdain, Édouard. « Anarchisme, la rébellion en actes », Héloïse Lhérété éd., Les grandes idées politiques. Éditions Sciences Humaines, 2017, pp. 76-81.
Poisson Alexandre (2022), À la défense de l’éco-anarchisme : analyse critique des arguments contre l’écologie sociale et le biorégionalisme, Mémoire Faculté des arts et des sciences, Université de Montréal.
Gabriella Fiore, « L’anarcha-féminisme », Revue Possibles, 38(1), pp. 71–78. doi: 10.62212/revuepossibles.v38i1.335


