Actualité

La pollution atmosphérique

Par Mathieu Perchat le 2024/05
Image
Actualité

La pollution atmosphérique

Par Mathieu Perchat le 2024/05

L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

L’usine Charbon de bois franc Basques située à un kilomètre de Saint-Mathieu-de-Rioux suscite des inquiétudes concernant ses émanations d’effluves. La population relève la circulation d’odeurs et de fumée inquiétantes dans le village. C’est la raison pour laquelle le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) a installé sept stations de mesure de qualité de l’air dans le village.

Ce que le cas de Saint-Mathieu-de-Rioux nous montre, c’est que la pollution atmosphérique est un enjeu majeur pour la santé et le bien-être aussi bien physique que psychologique. 

La pollution représente une souillure concrète comme symbolique. Lorsqu’elle est atmosphérique, elle n’est pas totalement produite par de l’artifice ou totalement par un phénomène naturel. Elle est produite par la rencontre entre nature et artifice.

En effet, la pollution atmosphérique est le produit d’interaction complexe entre l’individu et le collectif, la matérialité de l’espace et les représentations de cet espace. Cette complexité touche trois dimensions de l’espace : l’atmosphère et le changement climatique ; la santé de la population ; la perception de la ville, incluant la qualité de l’habiter (Blanc, 2008).

La pollution atmosphérique présente comme caractéristique d’échapper au sens de la vue, dominant dans la perception humaine. Ainsi, la mesurer, la ressentir et l’évaluer deviennent des actions complexes qui peuvent se contredire. Pour la population, la pollution ne se résume pas en une concentration de CO2 (ou d’autres polluants) mesurée, elle s’évalue aussi par les sens et le ressenti, comme l’odeur. Lorsqu’elle devient désagréable, un sentiment de saleté se manifeste, amenant à dénoncer une pollution. L’investissement esthétique des milieux de vie est central dans son appréciation.

On perçoit très bien cet investissement avec la présence de végétaux dans un espace qui laisse supposer un air sain. Un espace vert offre un caractère de frontière protectrice et isolante de la pollution. Pourtant, dans certaine situation, comme dans les secteurs pollués par des usines ou des véhicules, les végétaux ont tendance à faire stagner la pollution en raison de leur aspect touffu qui piège les polluants.

La présence d’espace vert améliore la qualité de l’air et de vie, mais de manière bien insuffisante face aux polluants présents dans un espace urbain (avec ou sans usine à charbon) ; « les masses végétales considérées sont insuffisantes pour compenser les nuisances et pollutions produites par l’activité urbaine » (Blanc, 2008).

Habiter à la campagne, ou à proximité d’espaces verts n’est pas gage d’être prémuni d’une pollution atmosphérique.

Blanc, Nathalie, « L’air comme ambiance », Vers une esthétique environnementale, sous la direction de Blanc Nathalie, Éditions Quæ, 2008, p. 123-136.

Partager l'article