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L’autoroute 20 est une décision couteuse et incohérente

Par Mathieu Perchat le 2024/04
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L’autoroute 20 est une décision couteuse et incohérente

Par Mathieu Perchat le 2024/04

L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

Depuis plus de 40 ans, le projet autoroutier du prolongement de l’A20 incluant la construction d’un pont s’élevant à plus de 2 milliards de dollars d’argent public, fait partie de la culture régionale. Il existait et continue d’exister dans l’esprit de la population Bas-laurentienne. Ce qui donne l’impression que sa réalisation est incontournable et que l’analyse du projet se limite à l’optimisation du tracé.

Déjà en 2002, un mémoire réalisé par le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL) mettant en avant que le ministère des Transports du Québec n’a pas étudié les alternatives au projet, mais aussi que « la justification économique présentée n’est peut-être pas adéquate » (CRE BSL, 2022, p. 2).

Les éléments qui s’ajoutent et modifient le mémoire de 2002 sont ceux de la crise de l’environnement. Ce qui renforce l’incohérence de ce projet. En effet, le prolongement de l’autoroute 20 entre en contradiction avec les engagements pris par le gouvernement du Québec pour lutter contre les changements climatiques, en plus d’exacerber la croissance excessive du parc automobile et la crise de la biodiversité.

Il est clair que l’amélioration de la sécurité de la route 132 passe par son renforcement, et non par le prolongement de l’A20. Mais aussi par la mise en place d’alternatives à l’automobile, comme les bus, voire même le train. Ces solutions sont bien moins couteuses et entrent bien plus en cohérences avec les objectifs climatiques. Par exemple, cela passe par le développement du plein potentiel de la nouvelle Régie de transport du Bas-Saint-Laurent

De plus, favoriser le transport multimodal, ferroviaire et en commun engendre une réduction des flux de la 132.

Ensuite, le transport de marchandises est un facteur très important à considérer concernant le débit de circulation. Favoriser, le transport multimodal et ferroviaire permet d’induire une diminution des débits de circulation. Ce qui occasionnerait également une réduction substantielle des coûts d’entretien des routes. Il faut ajouter aussi qu’environ la moitié des pertes de vie sur la route au Québec impliquent un véhicule lourd (CRE BSL, 2022, p. 5).

Cependant, la députée Dionne mentionne que la construction du pont de plusieurs centaines de millions de dollars au-dessus de la Rivière des Trois Pistoles irait de l’avant, même si l’option d’une 132 améliorée est retenue. Il s’agirait ainsi de l’un des tronçons de route les plus coûteux de l’histoire du Québec !

À l’heure de l’urgence climatique, de l’effondrement de la biodiversité et du dépôt d’un budget déficitaire de plus de 11 milliards de dollars, la construction de ce pont deviendra un autre bel exemple des incohérences de la CAQ. Le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL) est d’avis que le projet de prolongement de l’autoroute 20 est en contradiction avec les engagements pris par le gouvernement du Québec

Le CREBSL encourage le gouvernement du Québec à prendre des décisions éclairées, durables, et qui priorisent la sécurité des Bas-Laurentiens tout en étant en cohérence avec les cibles de lutte aux changements climatiques et de protection de la biodiversité énoncée notamment dans le Plan pour une économie verte ainsi que le Plan Nature 2030.

En résumé, « Une «132» vraiment améliorée de même qu’un transport multimodal et un contrôle améliorés ne permettraient-ils pas de réduire les frais de construction, les frais d’entretien, l’impact sur les milieux fauniques, l’ampleur des expropriations, les taux et la gravité des accidents de même que la pollution résultant de la construction ? » (CRE BSL, 2022, p. 5).

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