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Solidarité avec la Palestine : défendons l’humanité

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Solidarité avec la Palestine : défendons l’humanité

Depuis plusieurs semaines, devenues mois, une infinie tristesse m’habite devant la détresse humaine et surtout devant la violence, tout aussi humaine. L’article qui suit est largement inspiré d’une lettre adressée à notre député fédéral afin qu’il transmette la parole d’un groupe de citoyennes et de citoyens rimouskois engagés et qu’il appuie des sanctions à l’endroit de l’État d’Israël, sanctions devenues aujourd’hui primordiales.  

À l’automne 2023, un déchaînement de violence sans précédent a frappé la Palestine en raison des attaques du Hamas et de l’armée israélienne. La communauté internationale a brillé par son manque de courage et son incapacité à freiner la vengeance israélienne. Nous condamnons le ciblage des civils israéliens et palestiniens et appelons au cessez-le-feu, à la levée du blocus de Gaza, à la libération des otages et des prisonniers civils et à la fin de l’occupation. Il est impératif d’œuvrer à un avenir viable pour les deux nations en visant une solution politique et non militaire. Une reconnaissance de la souffrance de tous et de toutes s’impose comme point de départ pour une paix commune.

J’ai personnellement séjourné à Gaza en 2020-20211 et je suis restée en contact avec d’anciens collègues, dont certains sont maintenant décédés. Je continue de répéter que chaque civil mort est un civil de trop et d’espérer que la soi-disant communauté internationale aura le courage d’œuvrer pour une paix durable et partagée. Qui suis-je pour perdre espoir alors que mes collègues donnent aujourd’hui leur vie pour leur communauté et que la communauté palestinienne résiste depuis plus de 75 ans? Nous sommes toutes et tous concernés, de près ou de loin, par cette occupation violente et ses « conséquences », voire nous en sommes responsables : la lutte palestinienne est une lutte pour la dignité et la liberté.

Apartheid

Des millions de Palestiniens vivent sous le régime d’apartheid israélien décrit explicitement dans un récent rapport d’Amnesty International et dénoncé par de nombreux organismes et des personnalités publiques. En mars 2023, 32 experts de l’Organisation des Nations Unies ont signé une lettre appelant la Cour pénale internationale à enquêter sur les crimes commis par Israël sur le territoire palestinien occupé. Il ne s’agit malheureusement pas du premier appel de ce type. L’Afrique du Sud vient d’ailleurs d’en déposer un autre, poursuivant Israël pour génocide. Ne devons-nous pas tous nous plier aux mêmes règles du droit international? Est-ce que la vie de l’un est plus importante que la vie de l’autre?

L’apartheid est un crime contre l’humanité contraire au droit international. L’apartheid s’exprime par un déni des droits fondamentaux (le droit à la vie, à la liberté d’opinion, d’expression, de mouvement, d’association, le droit au travail, à l’éducation, à la dignité, à la nationalité, à la résidence, etc.) et par l’arrestation arbitraire, l’emprisonnement illégal, la soumission à la torture, etc.2. Des lois, des politiques et des pratiques contrôlent, isolent, oppriment et persécutent délibérément les Palestiniens, les maintenant dans un état constant de peur et d’insécurité, ce qui assure la domination israélienne juive sur l’ensemble du territoire israélien et sur les territoires palestiniens occupés. Israël dépossède constamment les Palestiniens, expropriant des terres palestiniennes, vandalisant et démolissant des maisons palestiniennes pour occuper militairement, coloniser illégalement la Cisjordanie et fragmenter le peuple palestinien. L’histoire a débuté bien avant le 7 octobre.

En novembre 2022, un gouvernement d’extrême droite, ouvertement anti-palestinien, a été élu, amenant le projet colonial et d’apartheid sioniste encore plus loin. Les lois racistes du régime israélien actuel mettent clairement en évidence l’aspect systémique de la discrimination envers le peuple palestinien. La loi stipule que le droit à l’autodétermination est propre au peuple juif, elle promeut le judaïsme comme valeur nationale et encourage la ségrégation et la discrimination envers le peuple palestinien. De plus, par la loi du retour, les Juifs du monde entier qui le désirent peuvent résider en Israël ou dans les territoires occupés. Les lois permettent d’ailleurs l’expropriation des terres. Le droit au retour des Palestiniens réfugiés depuis la création d’Israël, reconnu par la résolution 194 de l’ONU n’a, lui, jamais été mis en œuvre.

À la fin de 2022, plus de 700 000 colons israéliens vivaient illégalement en Cisjordanie occupée, incluant Jérusalem-Est. Rappelons les évictions forcées, notamment à Sheikh Jarrah, où des milliers de Palestiniens ont perdu leur domicile familial. « Les Palestiniens sont ghettoïsés dans des réserves de plus en plus rétrécies, séparées et inégales3. » En raison de ces politiques et de ces pratiques discriminatoires, des déplacements forcés continuent de se produire à Gaza et en Cisjordanie dans une violence inimaginable.

Faire taire la résistance

Israël, avec son projet sioniste, met tout en œuvre pour assurer sa suprématie sur l’ensemble du territoire, en brisant et traumatisant notamment la jeunesse palestinienne. Un rapport de Save the Children affirme que les enfants palestiniens détenus subissent des violences physiques et psychologiques. Même hors des centres de détention, les enfants subissent régulièrement des attaques et gonflent le nombre de morts en raison des attentats. Un rapport de Human Right Watch dénonce l’augmentation du nombre d’enfants palestiniens tués impunément par les forces armées israéliennes.

Le gouvernement en place lance des appels au nettoyage ethnique en déshumanisant les Palestiniens, en cautionnant toute violence envers eux, en transformant leur « territoire » en un endroit invivable, en accélérant l’annexion et en étouffant toute résistance. 2023 fut l’année la plus meurtrière depuis plus de 19 ans. En plus des frappes ciblées, la stratégie de punition collective (pour le seul « défaut » d’être Palestinien) engendre un nombre de décès inégalé, tout cela se poursuivant en 2024.

Contribuer à la lutte

Des résolutions concernant la « cause palestinienne » sont votées chaque année à l’ONU. Sans surprise, le Canada continue de se défiler. Comment peut-il promouvoir une solution à deux États sans donner les moyens pour y parvenir et en assistant silencieusement au génocide des Palestiniens?

En prévision de ce vote, et souhaitant transmettre notre (votre) parole au député fédéral, nous avons lancé une pétition stipulant que la Chambre des communes doit sanctionner l’apartheid israélien jusqu’au démantèlement des politiques qui le soutiennent et indiquant que la société civile doit soutenir les efforts de paix au Moyen-Orient et défendre les droits des Palestiniens afin qu’ils puissent vivre en paix et en sécurité. Le Canada doit condamner toute violation des droits de la personne et du droit international.

La lutte se poursuivra jusqu’à la fin de l’apartheid. Vous pouvez agir : restez informés, écrivez aux représentants des différents paliers du gouvernement, aux syndicats et à vos employeurs, signez des pétitions, soutenez des organisations de défense des droits de la personne, participez aux événements en soutien à la Palestine, boycottez les compagnies contribuant à l’apartheid (BDS), joignez le CIBLES.

Lettre d’un collègue à Gaza

À Gaza, la situation actuelle est terrible. Décrire la situation est difficile, chaque aspect étant catastrophique. Nous luttons contre la douleur, le manque sévère de nourriture et pour remplir les besoins de base. Une simple miche de pain est devenue un luxe. Déplacée des zones de conflit, notre quête de sécurité est troublée par des menaces de toutes parts. J’ai aujourd’hui trouvé refuge dans une tente installée dans la cour d’un centre de l’UNRWA, où il n’y a pas d’électricité ni d’Internet. Pour ajouter à ces épreuves, la pluie traverse la tente, nous laissant sans espoir. J’ai tenté de travailler dans l’hôpital Al-Aqsa. Malheureusement, en raison du manque de ressources, je suis incapable d’accomplir mon travail d’ergothérapeute. La situation médicale est déplorable.

L’appartement que j’avais construit récemment pour mon union prochaine a été partiellement détruit. Tragiquement, des membres de ma famille sont décédés, des collègues ont péri et l’hôpital où nous avons travaillé ensemble a été bombardé. La vie a pris un soudain et drastique tournant à 180˚.

Nous atteignons un point de rupture alors que notre patience fond face à cette tragédie qui perdure. La vie se résume à assurer l’accès à l’eau potable et à patienter de longues heures pour un simple bol d’eau. En cette période, nous ne pouvons qu’attendre, aspirer à un cessez-le-feu qui semble insaisissable.

Qu’est-ce que je fais maintenant?

Yousef

1. Evelyne Côté Grenier, « La douceur de Gaza », Le Mouton Noir, mars 2021, https://www.moutonnoir.com/2021/03/la-douceur-de-gaza/

2. Agence média Palestine, Comment Israël pratique l’apartheid, 2022, https://agencemediapalestine.fr/blog/2022/03/01/comment-israel-pratique-lapartheid-fiche-dinformation-politique-de-limeu/

3. Human Rights Watch, Separate and Unequal, 2010, https://www.hrw.org/sites/default/files/reports/iopt1210webwcover_0.pdf

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