Dossier spécial

Face à l’indifférence, la résistance

Par Rachel Fahlman le 2024/02
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Dossier spécial

Face à l’indifférence, la résistance

Par Rachel Fahlman le 2024/02

Dans un texte tiré de sa thèse de doctorat sur le projet éolien de l’Érable1, Marie-Ève Maillé ne mâche pas ses mots : ce fut un gâchis. Un gâchis du bien commun, un gâchis de la démocratie, un gâchis de l’acceptabilité sociale et j’en passe.

L’histoire de l’Érable « s’est passée au Québec dans l’indifférence quasi totale », écrit-elle. Si ce qui s’est déroulé à l’époque à Saint-Ferdinand, dans la MRC de l’Érable, est passé plutôt inaperçu aux yeux de la majorité de la population québécoise, ce qui se passe présentement avec le développement de la filière éolienne ne peut se faire dans la même indifférence.

L’histoire qui s’écrit aujourd’hui avec le développement éolien a malheureusement trop de points communs avec celle de Saint-Ferdinand. Cependant, elle est loin d’être terminée et malgré toutes les tentatives du gouvernement québécois, des MRC, de la FQM et de l’UMQ, qui veulent tous imposer ce même gâchis, des citoyens et des élus de partout au Québec ont choisi de ne pas se taire et de résister, ensemble. C’est la fin de l’indifférence; c’est la RÉSISTANCE qui prend place.

Qui peut rester indifférent aux choix unilatéraux du gouvernement sans débat ni véritable consultation publique?

Qui peut rester indifférent à la privatisation d’un bien commun au profit d’une poignée de privilégiés?

Qui peut rester indifférent à la bétonisation et à l’artificialisation planifiée de milliers d’hectares du maigre 2 % de terres agricoles encore à notre disposition?

Qui peut rester indifférent à l’installation de milliers d’éoliennes industrielles sans aucune étude environnementale stratégique?

Qui peut rester indifférent face à la prolifération des comités citoyens qui réclament haut et fort que les choses se fassent autrement?

Qui peut rester indifférent à la division sociale en marche qui mine la cohésion des communautés rurales?

Qui peut rester indifférent au déni démocratique de ce développement énergétique?

Une seule réponse s’impose : personne ne le peut! Puisqu’aujourd’hui, il n’y a plus de place pour l’indifférence.

Il est plus qu’urgent d’exiger une véritable consultation publique sur la transition énergétique du Québec. Rappelons que consulter quelqu’un, c’est lui demander son avis, pas seulement l’informer de ce qui lui sera imposé : la consultation publique reconnaît que le citoyen est l’expert de sa propre vie. Elle favorise un dialogue et un partage d’expérience en toute égalité entre les spécialistes et la population.

Exigeons aussi des études scientifiques indépendantes sur la transition énergétique, exigeons une étude environnementale stratégique de la filière éolienne, exigeons des référendums locaux sur l’implantation des parcs éoliens.

Et exigeons surtout que le bien commun qu’est le vent demeure une ressource entièrement publique et au service des Québécois. Exigeons l’évidence.

Mais surtout, face à ces façons de faire qui menacent les fondements du bien commun et du bien vivre ensemble, RÉSISTONS !

1. Marie-Ève Maillé, Information, confiance et cohésion sociale dans un conflit environnemental lié à un projet de parc éolien au Québec (Canada), Université du Québec à Montréal, 2012.

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