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Coupe en altitude dans les Chic-Chocs : Une coalition en demande l’arrêt

Par Mathieu Perchat le 2023/12
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Coupe en altitude dans les Chic-Chocs : Une coalition en demande l’arrêt

Par Mathieu Perchat le 2023/12

L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

Une coalition de groupes environnementaux composée de Environnement Vert Plus, du Comité de protection des monts Chic-Chocs, de la Société de Conservation ZICO de la Baie de Gaspé, de l’Action Boréale et de Nature Québec demande la fin des coupes dans les zones situées à plus de 600 mètres d’altitude. Selon les informations de la coalition, le ministère des forêts a permis au Groupe Lebel l’abattage de sapinières centenaires à l’été 2023. Ces sapinières faisaient l’objet d’un plan de récupération de bois affecté par la tordeuse des bourgeons de l’épinette, ou Plan d’Aménagement Spécial 2022-2033 (PAS 22-23).

L’image satellitaire ci-bas montre, en rouge, les zones où Groupe Lebel a eu des autorisations de coupes totales dans la réserve faunique de Matane. Les zones en noir ont été retirées du PAS 22-23 suite à des pressions du Comité de protection des monts Chic-Chocs et à des négociations au sein de la table GIRT. Les zones encerclées en jaune sont des zones du PAS où l’on voit que Groupe Lebel a effectué ces coupes. Ces coupes ont eu lieu entre 720 m et 850 m d’altitude. Elles surviennent après d’autres coupes totales déjà fortement critiquées sur les flancs du mont Hélène et du mont Jimmy Russell à l’été 2022, ces dernières situées dans la zone d’habitat en restauration (ZHR) du caribou.

« Les sapinières centenaires en altitude dans les Chic-Chocs sont des écosystèmes très résilients qui ont subi plusieurs épisodes de tordeuse de bourgeon de l’épinette. Elles y ont résisté et survécu. La diversité d’âge de ces populations est une clef dans leur résistance aux aléas environnementaux – et maintenant on a remis le compteur à zéro » se désole Judes Côté du Comité de Protection des Monts Chic-Chocs.

« Ces vieilles sapinières sont des forêts inéquiennes, i.e. des forêts dont l’âge des arbres varie beaucoup. Les forêts comme celle-là ne retournent pas à leur état initial après une coupe totale, à cette altitude. Mais laissée à elle-même, les vieux arbres morts apportent une protection aux arbres plus jeunes contre les intempéries hivernales particulièrement rigoureuses. Les coupes totales en altitude empêchent le renouvellement de la forêt, ce qui fait de ces parcelles des émettrices de carbone. » explique Pascal Bergeron d’Environnement Vert Plus.

« La grive de Bicknell niche dans ces vieilles sapinières inéquiennes en altitude. Elle est menacée en raison de la disparition de cet habitat. La situation est d’autant plus fâcheuse que le ministère des Forêts ne replantera pas ces parcelles en sapin : il ne fera planter que de l’épinette. Donc on aura remplacé un habitat propice à une espèce menacée par un habitat qui ne sera plus celui de prédilection qu’elle recherche. » explique Margret Grenier de la Société de conservation ZICO de la Baie-de-Gaspé.

Les groupes signataires condamnent ces coupes et demandent à Groupe Lebel et au ministère qui les a permises de cesser toutes les coupes dans la réserve faunique de Matane, peu importe le motif, lorsqu’elles se situent :

  • en altitude, au-delà de 600 mètres;
  • dans la zone d’habitat en restauration identifiée dans le scénario pour la Stratégie caribou[1];
  • dans l’habitat de la grive de Bicknell.

[1] https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/especes/caribou-quebec/amenagement-habitat-caribou-forestier/

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