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1er juillet : silence radio des décideurs

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1er juillet : silence radio des décideurs

L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

Cela fait des semaines que nous scrutons l’actualité en attendant que les élus du Bas-Saint-Laurent sortent publiquement pour présenter un plan d’action afin de s’assurer que personne ne se retrouve à la rue le 1er juillet… Toujours rien à l’horizon.

On ne peut pas compter davantage sur l’appui du provincial qui se limite à demander aux offices d’habitation « de faire vraiment preuve d’empathie » et demeure incapable de fournir de chiffres quant au nombre de personnes n’ayant pas encore trouvé de logement pour le 1er juillet.

Il ne manque pourtant pas d’indices pointant vers une aggravation de la crise du logement et s’il y a bien un moment où cette crise frappera le plus, c’est sans aucun doute à cette date.

Taux d’inoccupation trop bas

Faut-il le rappeler? À Rimouski, le taux d’inoccupation est à seulement 0,4 %. Un taux ridiculement en deçà du point d’équilibre de 3 %. Le Comité logement Bas-Saint-Laurent a dû accompagner cette année trois fois plus de ménages locataires que l’an dernier. L’UQAR a même demandé à ses futurs étudiants de l’extérieur de ne pas venir à Rimouski s’ils ne trouvaient pas de logements. Le CISSS du Bas-Saint-Laurent peine à loger des infirmières venues de l’extérieur pour prêter main-forte à notre système de santé où, comme ailleurs, la rareté de main-d’œuvre se fait sentir. Autant d’exemples montrant à quel point la crise du logement affecte l’économie locale, sans parler des impacts humains… À Rimouski, on le constate chez plusieurs organismes communautaires, l’itinérance visible et invisible s’amplifie.

On demande donc aux décideurs d’intervenir diligemment pour s’assurer que toutes et tous auront un logement le 1er juillet.

À court terme

À tout le moins, nous croyons que le service d’hébergement temporaire de la ville devrait être convenablement publicisé. Ne pas le faire connaître revient à demander aux personnes sans logis de se débrouiller seules. Ce service est un soutien essentiel lorsque les efforts des personnes et de leurs réseaux (lorsqu’elles en ont) ne suffisent plus. Ces personnes vivent déjà assez de difficultés en se retrouvant sans logement, ayons au moins la décence de leur faire connaître les services auxquels elles ont droit.

Manque-t-il de logements temporaires et c’est par crainte de les surcharger que le service n’est pas publicisé?

Si c’est le cas, nous croyons que les personnes en poste devraient tout faire pour que les sommes nécessaires soient investies. Nous savons que les balises de financement dictées par la Société d’habitation du Québec (SHQ) donnent peu de marge de manœuvre aux municipalités. « La SHQ rembourse à la municipalité 50 % des dépenses admissibles assumées par cette dernière […], jusqu’à concurrence de 0,80 $ par habitant de la municipalité. » Pour Rimouski, c’est donc dire qu’au-delà d’un mince budget de 38 931,20 $ offert par le provincial, la municipalité paie à elle seule les frais d’hébergement d’urgence.

Nous croyons que la députée provinciale et la municipalité devraient faire preuve de leadership et aller cogner à la porte du ministère de l’Habitation pour exiger un financement adéquat. De timides programmes de financement n’ont pas de sens lorsqu’il est question de répondre à des situations d’urgence comme celle que nous vivons. Plus encore, ce type de financement mène assurément à une logique d’utilisateur-payeur où la facture est refilée aux personnes sans logement.

Déjà l’an dernier, nous avions sonné l’alarme sur le dangereux précédent que représentait l’instauration de frais pour l’hébergement d’urgence à Rimouski. Surprise! On apprend que cette logique a été intégrée aux programmes de la SHQ et sera maintenant appliquée à l’ensemble de la province. Une participation financière du ménage est ainsi exigée à partir du troisième mois. Il ne faudrait quand même pas abuser du luxe d’être sans logement!

Des solutions existent

Au-delà du 1er juillet, il faudra aussi offrir des solutions permanentes à la crise du logement : mieux encadrer l’éviction, financer davantage la construction de logement social et communautaire, établir un réel contrôle des loyers, sévir lorsque les propriétaires manquent à leurs obligations. Malheureusement, les décideurs publics préfèrent s’attaquer aux cessions de bail, un des seuls recours à la disposition des locataires pour contrôler la hausse des loyers.

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