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Moins du quart des marais salés sont protégés sur la côte de l’Atlantique

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Moins du quart des marais salés sont protégés sur la côte de l’Atlantique

Bien que les marais salés canadiens contribuent à réguler le climat mondial, en 2021, 23 % de ces milieux cartographiés sur la côte de l’Atlantique — qui comprend aussi l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent — seraient protégés, révèle une publication de Statistique Canada.

Par comparaison, c’est plus du tiers des marais salés cartographiés de la côte arctique (38 %) et de la côte Pacifique (33 %) qui ont fait l’objet d’une protection, soit par des lois provinciales et fédérales, comme la Loi sur les espèces sauvages du Canada ou les lois sur les parcs provinciaux, soit par d’autres mesures de conservation.

Plusieurs services écosystémiques

En séquestrant et en stockant le carbone, les marais salés contribuent pourtant à réguler le climat mondial. Les marais salés canadiens — qui ont un écosystème en santé — peuvent capter jusqu’à 785 kilotonnes de carbone par année, selon une valeur de séquestration moyenne mondiale, indique Statistique Canada.

Ces milieux offrent aussi une protection des zones côtières contre les tempêtes et les inondations côtières, le maintien de la qualité et de la quantité de l’eau, ainsi que des habitats à de nombreuses espèces végétales et animales. Ils soutiennent aussi des secteurs d’activités comme la pêche commerciale[1].

L’enjeu de l’activité humaine

Les marais salés sont toutefois vulnérables à l’activité humaine. « La végétation des marais salés est adaptée pour résister au stress des inondations quotidiennes d’eau salée, mais elle subit tout de même les répercussions du changement climatique et de l’activité humaine », indique Statistique Canada dans son rapport.

L’activité humaine contribuerait à l’apport de polluants dans les marais salés tels que les déversements d’hydrocarbures ou le ruissellement d’éléments nutritifs provenant de zones bâties et de milieux agricoles.

Ces éléments nutritifs vont modifier la communauté végétale et la croissance de la végétation dans les marais salés, ainsi que rendre ces milieux plus vulnérables à l’envahissement d’espèces exotiques. Les déversements d’hydrocarbures peuvent aussi entraîner une diminution à long terme du couvert végétal, provoquant des répercussions en cascade sur les écosystèmes.

Réaliser un suivi au fil du temps

La publication de Statistique Canada a été réalisée dans le cadre du Recensement de l’environnement, un programme qui vise à rendre compte des écosystèmes au Canada pour faciliter le suivi des changements dans l’étendue et la condition des écosystèmes, ainsi que dans les services écosystémiques qu’ils fournissent.

Le rapport précise que les marais salés canadiens n’ont toutefois pas été entièrement cartographiés. Les données ont été acquises principalement par télédétection et imagerie satellitaire. Certaines données ont été validées au sol par les organismes ayant procédé à la collecte. Ensemble, ces données couvrent la majeure partie du pays et proviennent de sources internationales, provinciales et fédérales pour la période allant de 1995 à aujourd’hui.


[1] https://www150.statcan.gc.ca/n1/fr/pub/16-001-m/16-001-m2022001-fra.pdf?st=KxGfwjoz

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