Le blogue du rédac

QS propose deux impôts justes et bien calibrés

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QS propose deux impôts justes et bien calibrés

Nous vivons à une époque où les plus riches creusent un écart de revenus et de richesse toujours de plus en plus grand avec le reste de la société. Si les inégalités de revenus sont réduites par l’impôt progressif sur les revenus, la seule taxe sur la richesse, existant actuellement, la taxe foncière, n’est pas progressive, car on paie le même taux, peu importe la valeur d’un immeuble. Cela contribue au fait que les inégalités de richesse sont beaucoup plus élevées que les inégalités de revenus. Thomas Piketty a démontré que les écarts qui se creusent entre les citoyens sont encore plus des écarts de capital que des écarts de revenus. C’est dans ce contexte que Québec Solidaire propose de faire payer les plus riches avec (i) un impôt sur la grande fortune et (ii) un impôt sur les successions.

Un impôt sur les actifs nets

Entre 1 million et 9.9 millions $ d’actifs nets, la personne paierait 0,1 % d’impôt. Plusieurs ménages ont un actif de plus d’un million $. Ce n’est pas nécessairement d’eux qu’il s’agit, car il faut soustraire leurs dettes (hypothécaires et autres) de ces actifs. En plus, ces ménages peuvent séparer leurs actifs entre leurs membres, ce qui permettrait en outre d’améliorer la sécurité financière des femmes.

Une personne qui vivrait seule et aurait un million $ en REER pourrait bénéficier pendant toute sa retraite d’environ 55 000 $ par année, en plus de sa rente québécoise et de sa pension fédérale, pour un total de plus de 75 000 $. Même si ce revenu est 2,6 fois plus élevé que le revenu médian des personnes âgées de 65 ans et plus (29 000 $ en 2020), elle ne paierait pas un sou d’impôt solidaire.  Et si la valeur de ses actifs nets dépassait un peu le seuil du million $, elle ne paierait que quelques dizaines ou centaines de dollars pendant quelques années.

Il n’y aurait selon Statistique Canada que 5 % de la population adulte ayant un actif net d’une valeur de plus de 1 million $. En nous basant sur les données d’une étude du directeur parlementaire du budget, ce serait tout au plus 2 % des contribuables qui auraient au moins 2 millions $ d’actifs nets.

C’est surtout pour viser des personnes beaucoup plus riches que cet impôt a été conçu. Entre 10 millions et 100 millions, l’État imposerait une somme équivalente à 1 % des actifs nets. Ces ultra-riches paieraient donc entre 9 000 $ et 909 000 $ d’impôt. Pour les actifs nets supérieurs à 100 millions, ce taux atteindrait 1,5 %.

Limpôt sur les successions

Pour l’impôt sur les successions, les personnes visées sont celles qui héritent de plus d’un million $ d’actifs nets. Les héritages sont en effet une des institutions qui nuisent le plus à l’égalité des chances. Oui, il y a des impôts à payer lors d’une succession, mais il s’agit d’impôts qui étaient reportés, comme sur des RÉER et des gains en capital, deux reports qui avantagent déjà les plus riches. L’impôt sur les successions serait calculé après cela, donc sur un montant moins élevé que la valeur des actifs nets avant le décès.

En plus, comme les gens décèdent en moyenne à plus de 80 ans, la valeur de leurs actifs financiers a déjà diminué beaucoup avant leur décès. En conséquence, seuls les gens très riches qui lèguent plus d’un million $ seraient assujettis à l’impôt sur les successions. Il n’y a aucune raison d’inventer une nouvelle angoisse fiscale pour cette raison!

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