Le blogue du rédac

Des outils intelligents pour mieux comprendre l’impact de l’humain sur les plans d’eau

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Des outils intelligents pour mieux comprendre l’impact de l’humain sur les plans d’eau

Des plaisanciers ou pêcheurs pourraient croiser prochainement des véhicules autonomes sur les plans d’eau de la ZEC Bas-Saint-Laurent. Le Centre Interdisciplinaire de Développement en Cartographie des Océans (CIDCO) vient de développer un partenariat de recherche avec la ZEC Bas-Saint-Laurent pour développer et tester des outils intelligents sur les plans d’eau afin d’avoir une meilleure connaissance de ces milieux naturels et d’en savoir davantage sur l’impact de l’humain.

« Il y a peu de lacs qui sont cartographiés de manière à connaître ce qu’il y a au fond. Pourtant, on retrouve fréquemment toutes sortes de déchets, des voitures, des électroménagers, des bidons ou même des vestiges de vieilles industries, tels que l’industrie forestière », révèle Guillaume Labbé-Morrissette, directeur de la recherche et développement au Centre Interdisciplinaire de Développement en Cartographie des Océans (CIDCO).

Les outils intelligents développés et testés par le CIDCO permettront ainsi de scruter les plans d’eau de la ZEC Bas-Saint-Laurent afin de mieux comprendre les différents impacts de l’activité humaine sur les plans d’eau, avec les problématiques telles que la pollution des lacs ou la pollution des fonds marins. Le but est d’acquérir et de générer des données, ainsi que de développer des outils d’aide à la décision qui pourront faciliter le travail des décideurs, explique monsieur Labbé-Morrissette.

Développés et testés dans un milieu contrôlé que sont les lacs, ces outils pourront aussi être utilisés en milieu océanique. « Les enjeux en géomatique marine dans un milieu océanique — même s’il y a des enjeux qui sont différents dans un environnement en eau salée versus en eau douce — se recoupent, et les outils qu’on peut utiliser sont les mêmes », précise le directeur.

Développer des outils utiles pour les experts du milieu

Le CIDCO et la ZEC Bas-Saint-Laurent collaborent ainsi et mettent en commun leur expertise pour développer des outils qui seront utilisés par les experts du milieu. Par exemple, les outils développés pourraient, au moyen de l’intelligence artificielle, générer automatiquement des cartes de caractérisation des écosystèmes ou essayer de prédire la présence de végétation ou différents types de substrats. Les technologies utilisées permettraient aussi de mieux comprendre l’approvisionnement de certains lacs grâce à l’imagerie satellite.

« C’est vraiment de créer des produits qui peuvent ensuite être réutilisés par les experts du milieu, par exemple, des biologistes ou les gestionnaires de ZEC, pour ensuite faciliter la gestion des différentes ressources », souligne monsieur Labbé-Morrissette.

Des véhicules autonomes pourraient patrouiller dans un lac sans avoir à mobiliser de grosses équipes et avoir, en une journée, une imagerie à haute résolution du fond du lac.

Trois types de véhicules autonomes sillonneront les lacs de la ZEC, explique monsieur Labbé-Morrissette. Il y aura des sous-marins « de style torpille » qui vont faire des trajets à l’horizontale avec des sonars latéraux pour balayer le fond marin. Ces sous-marins sont utilisés en eau profonde, mais dans le cas des lacs en eau peu profonde, ce sont des véhicules de surface qui seront utilisés pour obtenir une surface 3D des fonds marins. Pour des mesures de précision, c’est un véhicule ROV (remoterly operated vehicle) avec une espèce de « cordon ombilical » immobilisé dans la colonne d’eau qui permettra d’aller explorer de près certaines structures, telles que des épaves.

Guillaume Labbé-Morrissette souligne l’importance de la collaboration entre les différents experts de la région. « Il y a des expertises dans la région qui peuvent bien se développer lorsque les gens collaborent. En dotant les acteurs du milieu d’outils technologiques qui permettent d’accroître les connaissances des milieux naturels de la région, le CIDCO et la ZEC Bas-Saint-Laurent souhaitent que la région devienne un exemple en matière de gestion des ressources naturelles pour mieux répondre aux défis des changements climatiques et de la protection des milieux naturels.

 

 

 

 

 

 

 

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