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Manifestation et rassemblement : L’été, le droit au logement ne prend pas de vacances

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Manifestation et rassemblement : L’été, le droit au logement ne prend pas de vacances

Le 6 août dernier, au centre-ville de Gaspé, une manifestation pour l’accessibilité au logement, suivie d’un rassemblement, a réuni une cinquantaine de personnes. Organisée par un comité autonome, cette action a mis en lumière différentes facettes de la crise du logement à Gaspé et ses environs. Elle a aussi offert un espace de discussions, de réflexions et de revendications.

« Dormir dans son char, ce n’est pas toujours la van life. »

Ce n’est pas un hasard si cette action a eu lieu lors des vacances de la construction : rappelons que 15% des locataires sont forcé.es de quitter leur logement pendant la saison estivale et ce, au profit des touristes. Or, la manifestation visait à sensibiliser les touristes aux impacts insidieux de ce phénomène. Qui plus est, en vue des élections provinciales à venir, le comité désirait interpeller les élus ; l’enjeu de la crise du logement est un enjeu prioritaire.

‘’Dans la région, la crise du logement, c’est aussi un enjeu d’itinérance cachée, d’absence de bail, de méconnaissance et de bafouements des droits, d’expulsion estivale des logements au profit des touristes, d’un taux d’inoccupation parmi les plus bas au Québec et de hausse de prix exorbitants” explique une personne membre du CAAL – Côte de Gaspé. Elle ajoute: “tout cela se passe dans un contexte où l’inflation fait des ravages : la situation est près du point de rupture”. Pourtant, le gouvernement provincial nomme du bout des lèvres cette crise et prétend que la Gaspésie est relativement épargnée.

Une action axée sur l’échange et le partage

L’action a débuté avec une allocution à la maison vide Horatio Leboutillier, lieu symbolique où des locataires pouvaient y vivre à l’année avant que la ville convertisse le bâtiment en musée. S’en est suivi une discussion collective à la halte routière York. Les participant.es ont ensuite érigé un campement surprise pour engager un dialogue avec les passant.es et se faire voir des touristes de passage. Témoignages, pose de pancartes symboliques, jeux pour enfants thématique crise du logement, sérigraphies engagées… l’ensemble des actions menées le 6 août dernier reflétaient le vécu des personnes et tablaient sur une prise de parole décomplexée et axée sur des pistes de solutions audacieuses.

“Lors des échanges, on a vu que les problèmes de logement affectent beaucoup de personnes dont les réalités sont souvent invisibilisées dans les médias et les débats”, explique une participante. “L’impossibilité de se trouver un logement, ce n’est pas juste un problème pour les professionnels qui se sont trouvé une nouvelle job à Gaspé, c’est surtout un problème pour les personnes à faible revenu, les personnes en situation d’handicap les étudiant-e-s et, les personnes marginalisées qui vivent de la discrimination”, réenchirit-elle. Rappelons-le, tout le monde n’est pas égal devant la crise du logement.

Les difficultés à se loger peuvent même constituer une entrave à la sécurité physique et à l’intégrité psychologique des personnes. En sachant qu’il y a un risque important de se retrouver à la rue, des femmes violentées en contexte conjugal, ou harcelées sexuellement par leur propriétaire, peuvent hésiter encore davantage à quitter ces situations dangereuses.

Un campement pour des actions immédiates, audacieuses et concrètes

Les personnes participant à l’action ont profité du rassemblement pour discuter des solutions possibles et pour dresser une liste de revendications communes. Parmi celles-ci se trouvent la reconversion de bâtiments inoccupés en logements, l’instauration d’un quota pour les locations touristiques ou de courte durée, le renforcement des droits des locataires, l’augmentation des appuis gouvernementaux pour des habitations collectives et communautaires, la révision des règlements d’urbanisme, la création d’un registre des loyers, des ressources supplémentaires pour aider les nouvelles personnes qui arrivent sur le territoire et davantage de ressources spécialisées en itinérance.

Il faut le dire: les habitations louées aux touristes ou utilisées comme 2e ou 3e résidences par des gens qui ne vivent pas sur le territoire, sont des habitations retirées du marché pour les personnes qui font vivre la région à l’année et qui prennent part à sa vitalité. Dans la Côte-de-Gaspé, ce sont près de 900 logements privés qui servent à autre chose que loger ces personnes.

«Pour sortir de la crise du logement, nous voulons des solutions qui misent sur d’autres acteurs que les promoteurs immobiliers, qui participent à cette crise en cherchant avant tout à faire du profit individuel!», déclare un participant. Il ajoute: “Nous voulons un investissement social massif. Le logement, ça ne devrait pas être une marchandise, c’est un droit!”

 

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