Détourner les vieux vêtements de l’enfouissement

Détourner les vieux vêtements de l’enfouissement

L'autrice fait partie de l'initiative de journalisme local
2 juin 2022 par 

Geneviève Coll, la couturière volante. PHOTO: Mélodie Pardonnet


Thérèse Sagna, coordonnatrice pour le Regroupement des femmes de la région de Matane (RFRM), gère la friperie Les Chiffonnières et elle travaille avec les friperies de La Matanie pour éviter que les vêtements prennent le chemin des sites d’enfouissements. Avec l’initiative de la « couturière volante », elle s’attaque au problème des vêtements abîmés pour leur donner une deuxième vie.

Depuis 2020, les friperies de la Matanie acheminent leurs invendus et leurs surplus à une entreprise de la région de Montréal pour éviter qu’ils se retrouvent dans les sites d’enfouissements. Il manquait toutefois de solutions pour les vêtements abîmés qui étaient systématiquement enfouis. « Ça fait mal au cœur d’envoyer du linge dans l’enfouissement pendant qu’il y a beaucoup de monde qui aimerait bien s’habiller et qui n’a pas de linge. Ça fait mal au cœur de jeter et de payer des montants pour jeter aussi », mentionne la coordonnatrice, Thérèse Sagna.

Le projet de « couturière volante » vient ainsi offrir à la population de La Matanie le service d’une couturière, Geneviève Coll, qui se déplacera dans le réseau des friperies de La Matanie. Elle offrira à moindre coût un service de réparation de vêtement, des ateliers de couture, ainsi que le développement de nouveaux produits conçus à partir de textiles récupérés. La « couturière volante » permet ainsi de réparer et de créer de nouveaux produits à partir des vêtements abîmés.

En Matanie, 39 tonnes de vêtements abîmés prennent chaque année le chemin de l’enfouissement, selon la chargée de projet de Synergie Matanie, Maria Valderrutén.

Valoriser ses vêtements pour les porter plus longtemps

Madame Sagna remarque que les gens valorisent peu les vêtements qu’ils portent : « ils sont habillés de vêtements venus de Chine et ne regardent pas la valeur de ce qu’ils portent ». Gestionnaire de la friperie Les Chiffonnières, elle observe que les gens préfèrent laisser leurs vêtements abîmés à la friperie et acheter autre chose que d’aller les porter chez la couturière et savoir que ça va leur coûter cher. La « couturière volante », en ayant un tarif abordable, vient ainsi éviter qu’il soit plus cher de réparer les vêtements que d’en acheter des neufs. « Les gens pourront garder leurs vêtements plus longtemps », indique Thérèse Sagna.

Le projet comporte ainsi un important volet de sensibilisation afin que la population soit conscientisée à l’importance de réduire leur production de déchets textiles à la source. Le projet va donc travailler étroitement avec le Carrefour international bas-laurentien pour l’engagement social (CIBLES) afin de conscientiser la population : « Le but vraiment, c’est l’environnement, c’est de sensibiliser les gens », explique Thérèse Sagna. Elle souhaite inciter les gens à réparer leurs vêtements, donner une deuxième vie aux tissus et se procurer leurs vêtements dans les friperies de la région.

La « couturière volante » arrive dans un contexte où la MRC de La Matanie a récemment dévoilé son projet de Plan de gestion des matières résiduelles 2023-2029. Le document fait état de la quantité de textiles générés en 2019 qui est estimée à 321 tonnes, pour une population de 21 043 habitants. Le taux de récupération de ces textiles est évalué à 42 %. Le projet tombe à point pour augmenter ce taux de récupération.

 

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