Crise du logement : les prix des loyers augmentent de 18,3 % à Rimouski selon le RCLALQ

Crise du logement : les prix des loyers augmentent de 18,3 % à Rimouski selon le RCLALQ

L'autrice fait partie de l'Initiative de journalisme local
30 juin 2022 par 

PHOTO: Jennifer Boudreau, Radio-Canada


De 2021 à 2022, le prix des loyers a augmenté de 18,3 % à Rimouski, selon la dernière enquête du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ). L’enquête a été réalisée à partir des annonces de logements à louer sur le site Kijiji.

Selon les données du RCLALQ, Rimouski ferait face à une importante du prix des loyers depuis le début de leur enquête en 2020. En effet, alors que les prix auraient augmenté de 3 % entre 2020 et 2021, ce taux aurait augmenté à 18,3 % entre 2021 et 2022.

Les augmentations sont plus importantes pour les logements de plus de 5 pièces où l’augmentation est passée de 24 % entre 2020 et 2021, à 32,5 % entre 2021 et 2022. Le prix moyen pour ces logements de plus de 5 pièces serait ainsi de 1432 $.

Ces hausses qui touchent de nombreuses villes, telles que Granby, Mascouche, Terrebonne, Drummondville, Rouyn-Noranda ou Joliette, s’expliquent par la pénurie de logements où les taux d’inoccupation des logements sont de 0,5 % ou moins. La migration pour trouver un logement plus abordable dans une autre région n’est ainsi plus possible.

S’appauvrir en déménageant

Les résultats présentent un important écart avec les données de la Société canadienne d’habitation et de logement (SCHL). L’augmentation de 18,3 % présente un écart de 27 % avec les données de la SCHL. Il est d’autant plus grand pour les logements de plus de 5 pièces où l’écart est de 67,7 %. Cet écart s’accentue aussi au fil des années1.

Le RCLALQ explique cet écart par le fait que la SCHL comptabilise les loyers moyens de locataires n’ayant pas déménagé et ne tient pas compte des logements qui sont sur le marché locatif.

« (…) les locataires du Québec ayant déménagé récemment paient en moyenne 427 $ de plus par mois que les locataires n’ayant pas déménagé. Les décisions politiques demeurent relativement aveugles à ce phénomène, car pour planifier les politiques d’habitation, elles ne prennent en compte que l’imparfaite donnée du loyer moyen, qui n’intègre ces fortes hausses de loyer sur le terrain que beaucoup plus tard, lorsque ces hausses sont devenues la norme. », précise le rapport.

La SCHL annonçait justement en juin qu’il faudrait 620 000 logements de plus pour rétablir l’abordabilité du logement au Québec en 2030.



[1] Il était de 7,98 % pour les logements moyens et de 33,95 % pour les logements de plus de 5 pièces entre 2020 et 2021.

 

Consultez le journal au format numérique
Visionner

Consultez le calendrier culturel du Girafe