L’éco-alimentation, « il faut nécessairement que ça passe par une conscientisation de la population »

L’éco-alimentation, « il faut nécessairement que ça passe par une conscientisation de la population »

L'autrice fait partie de l'Initiative de journalisme local
21 mai 2022 par 


Aimy Couture, Justine Noël et Xavier Barrette, trois étudiants du Cégep de Rimouski, souhaitent conscientiser la population sur l’impact des choix de consommation alimentaire sur l’environnement.

Dans le cadre de leur épreuve de synthèse au programme Science, Lettre et Arts, les trois étudiants du Cégep de Rimouski ont réalisé l’ampleur des impacts des choix alimentaires sur l’environnement et ils concluent que la solution passe nécessairement par la conscientisation de la population. C’est dans ce contexte qu’ils ont contacté le Mouton Noir pour partager leurs résultats et proposer leurs pistes de solutions.

L’ampleur des émissions de GES

Les trois étudiants se sont rendu compte qu’à l’échelle mondiale 34 % des gaz à effet de serre (GES) mondiaux sont issus du secteur de l’alimentation. Les principaux coupables se retrouveraient du côté de l’agriculture intensive, de l’élevage et du transport. L’agriculture intensive, avec une surutilisation d’engrais azoté et une compaction du sol, provoquerait l’émission de protoxyde d’azote, un gaz qui émettrait 298 fois plus de GES que le dioxyde de carbone. Du côté de l’élevage, c’est le processus de digestion des ruminants, ainsi que leurs excréments qui seraient une source de méthane, dont le potentiel de GES est 25 fois plus puissant que le CO2. Les étudiants ont aussi trouvé que 47 % des produits du panier alimentaire d’un Québécois sont importés et les hydrocarbures utilisés pour le transport de ces produits sont une importante source de GES1.

En mode solution

La solution passe nécessairement par une prise de conscience de la population. Xavier Barrette résume leur position ainsi : « Les actions individuelles face à la lutte climatique peuvent paraître anecdotiques, mais c’est vraiment ensemble que les changements seraient susceptibles. Dans cette mesure, ce que le citoyen peut faire au quotidien, c’est de prendre conscience des impacts, de tout le pouvoir qu’il a sur la lutte aux changements climatiques par le biais de son alimentation et ça peut passer par une consommation plus locale ». Il précise à ce sujet que la consommation locale vient surtout de la région, car ils ont réalisé que l’entreposage de produits était aussi une source de GES et qu’il fallait donc consommer des produits de saison le plus près possible. Les trois étudiants encouragent donc une alimentation végétarienne de produits locaux de saison provenant de fermes à plus petite échelle qui fait une rotation des cultures.

À l’échelle sociale, ils sont allés rencontrer Nathalie Lewis, professeure à l’UQAR au département sociétés, territoires et développement pour trouver des solutions. Deux solutions ont émergé : l’éducation alimentaire et l’étiquetage écoalimentaire2.

L’éducation alimentaire consisterait à intégrer des notions d’environnement dans tous les aspects de la vie des étudiants pour qu’ils y soient exposés, dès le plus jeune âge. Les notions d’environnement seraient ajoutées dans les cours ou lors des repas pour faire en sorte que les enfants apprennent à se soucier de l’environnement et se familiarisent avec l’éco-alimentation.

L’étiquetage éco-alimentaire aurait pour but de conscientiser les consommateurs par rapport à la quantité de gaz à effet de serre émis pour la production de chaque produit. Cela permettrait de mieux aiguiller les consommateurs dans leurs choix alimentaires. Cet étiquetage s’inspirerait de la formule française « Nutri-Score », une cote nutritionnelle pour évaluer la qualité nutritionnelle des produits. Dans le cas de l’étiquetage éco-alimentaire, il y aurait une cote de 1 à 10, où le chiffre 10 serait le plus haut niveau d’émission de GES. Cette solution serait mise en place par le gouvernement et nécessiterait des investissements majeurs. À ce sujet, les étudiants précisent dans leur rapport que « pour que cette solution soit un peu plus envisageable, il serait nécessaire que le gouvernement au pouvoir soit plus réceptif au niveau des changements nécessaires pour lutter contre la crise climatique ».

Les trois étudiants soulignent toutefois qu’il n’y a pas de solution unique. C’est une combinaison de solutions qui va permettre d’atteindre une alimentation écoresponsable.


[1] Leurs résultats sont basés notamment des derniers rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et du Gouvernement du Québec.

[2] « L’éco-alimentation se définit comme “une alimentation saine (diversifiée et sécuritaire), produite, distribuée et consommée dans le respect des processus écologiques et de l’équité des rapports sociaux” (Sauvé, 2007). »

https://www.erudit.org/fr/revues/ef/2009-v37-n2-ef3580/038822ar.pdf

 

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