Le printemps : une occasion de laisser pousser les fleurs et de végétaliser les berges

Le printemps : une occasion de laisser pousser les fleurs et de végétaliser les berges

L'autrice fait partie de l'Initiative de journalisme local
2 mai 2022 par 


L’arrivée du mois de mai s’accompagne pour plusieurs avec l’envie de sortir la tondeuse et d’aménager son terrain, mais cela vient aussi avec l’émergence de campagnes telles que « Mai sans tondeuse » ou la campagne de l’Organisme des Bassins Versants du Nord-Est du Bas-Saint-Laurent (OBVNEBSL) Végétalisez vos berges à petit prix!. Quels sont les bénéfices de laisser pousser les fleurs sur son terrain et de végétaliser les berges ?

La végétalisation des berges par les riverains est le moyen le plus simple et le moins coûteux pour favoriser la qualité de l’eau. Cela est d’autant plus important que la santé de plusieurs lacs au Québec est dans un état préoccupant1. En plus d’embellir la propriété, les plantes riveraines sont aussi essentielles pour contrer l’érosion et stabiliser les berges. Elles régulent de plus la température de l’eau en créant de l’ombrage, atténuent l’effet des crues et créent des habitats fauniques.

Végétaliser une berge nécessite simplement pour le riverain de payer moins et d’en faire moins. Avec la campagne annuelle Végétalisez vos berges à petit prix!, l’OBVNEBSL offre aux riverains du territoire, et a tous ceux soucieux de l’environnement, l’opportunité de se procurer à prix modique des plantes recommandées pour la végétalisation et la stabilisation des rives. Ces plants seront disponibles sur le site internet de l’organisation du 2 au 22 mai 2022. Neuf espèces de végétaux indigènes spécialement adaptées à notre climat sont proposées à prix modique. En végétalisant leur berge, les riverains ont aussi l’occasion d’en faire moins, car ils n’auront plus besoin de passer la tondeuse ou de créer des murets de pierres pour lutter contre l’érosion de leur terrain.

« Mai sans tondeuse », au-delà du pissenlit

La campagne « Mai sans tondeuse » invite les citoyens à remiser leur tondeuse au mois de mai pour aider les abeilles et autres insectes pollinisateurs. Cette campagne est principalement associée à la sauvegarde du pissenlit, avec notamment le « Défi pissenlit », mais elle devrait aussi promouvoir la sauvegarde des prairies fleuries diversifiées, car le pissenlit à lui seul n’offrirait pas assez d’acides aminés essentiels aux abeilles2. Afin d’avoir une quantité essentielle, plus d’une espèce florale est nécessaire. « Pour être en santé et avoir un système immunitaire fonctionnel, l’abeille a besoin d’avoir accès à un garde-manger équilibré qui évolue au fil des saisons. Cela est possible uniquement dans un environnement diversifié, offrant du nectar et du pollen qui proviennent à la fois d’arbres, d’arbustes et de plantes herbacées, ainsi que de plantes indigènes et de plantes cultivées »3. La campagne « Mai sans tondeuse » est d’autant plus importante que cette année est marquée par une hausse historique de la mortalité des abeilles au Québec4.

Alors qu’il existe une longue liste de bénéfices à laisser pousser les fleurs sur un terrain ou à végétaliser les berges, le principal frein est surtout social. Boucar Diouf l’illustrait bien dans un article de La Presse, datant de 2016, intitulé « Je jalouse ta pelouse » où il faisait la mention suivante : « C’est inexplicable, mais je suis habité par l’étrange impression qu’avoir un gazon plein de pissenlits, c’est comme arborer un t-shirt taché de sauce à spaghetti. Aussi, pendant que mes voisins me surveillent, entre mon regard de biologiste qui veut le protéger et la responsabilité de m’occuper de mon gazon, mon cœur balance ».5

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