La MRC de La Matanie saute dans le wagon

La MRC de La Matanie saute dans le wagon

L'autrice fait partie de l'Initiative de journalisme local
6 avril 2022 par 

Véronique Gagné, chargée de projet


« Nous allons ensemble au-devant d’un mouvement déjà en marche sans attendre de s’accrocher au dernier wagon »,
a déclaré le préfet lors du lancement du Plan d’action en agriculture urbaine (PAU) de la MRC de La Matanie qui a eu lieu au FabLab du Cégep de Matane. La MRC a comme vision de devenir des leaders dans l’Est-du-Québec dans l’essor de l’agriculture urbaine. Pour ce faire, Vanessa Caron, directrice adjointe au développement territorial et responsable du transport à la MRC de la Matanie, souhaite mettre l’alimentation de l’avant « de la terre à l’assiette », en sortant des sentiers battus et en mettant le citoyen au cœur des changements sociaux, économiques et écologiques.

Le Plan d’action en agriculture urbaine (PAU) s’inscrit dans la mouvance des MRC nourricières pour accroître l’autonomie alimentaire. À l’issue d’une importante démarche de concertation auprès des intervenants et de la cueillette d’information, le PAU permet d’établir un portrait diagnostic à partir duquel 46 actions ont été ciblées et regroupées dans cinq axes d’intervention qui sont les suivants :

Axe 1 : Mobilisation, consolidation et promotion des initiatives en agriculture urbaine

Axe 2 : Développement des compétences des citoyens et de leur autonomie alimentaire

Axe 3 : Développement de nouvelles pratiques en agriculture urbaine et consolidation des initiatives existantes

Axe 4 : Mise en valeur des marchés de proximité et expansion de l’agriculture urbaine commerciale

Axe 5 : Réduction de l’insécurité alimentaire et amélioration de l’accessibilité physique et économique aux aliments sains

 

L’agriculture urbaine en Matanie est définie comme étant « l’ensemble des activités, généralement urbaines, de culture végétale et d’élevage de petits animaux, incluant leur transformation et leur distribution, à des fins personnelles, communautaires ou commerciales. Elles s’inscrivent dans une volonté de favoriser le développement social par l’éducation, la responsabilisation, la saine alimentation pour tous et l’achat local, dans le respect de l’environnement. » Vanessa Caron explique que l’agriculture urbaine peut inclure plusieurs activités telles que l’apiculture, la création de poulaillers, l’aquaponie, le développement de potagers urbain ou de toits verts.

Un outil pour répondre à l’insécurité alimentaire

Le portrait diagnostic du PAU présente plusieurs constats. « J’avoue que le portrait sociodémographique m’a jeté à terre », mentionne Carmel Théberge, une citoyenne de la MRC qui a lu le document. Le document rapporte notamment que 70 % des travailleurs de la MRC ont un revenu d’emploi inférieur à 40 000 $ par année et 40 % des travailleurs ont un revenu d’emploi inférieur à 20 000 $ par année. De plus, sur les 11 municipalités de La Matanie, cinq d’entre elles peuvent être considérées comme un désert alimentaire, un secteur où les habitants n’ont accès à aucun commerce d’alimentation.1

Dans ce contexte, l’agriculture urbaine est vue comme une solution pour favoriser l’accessibilité économique aux aliments sains et répondre de façon importante aux besoins journaliers des individus en légumes. Le PAU propose ainsi des actions qui répondent aux besoins du milieu. Par exemple, une des actions ciblées pour réduire l’insécurité alimentaire et améliorer l’accessibilité économique aux aliments sains est de créer et installer un projet pilote d’un kiosque libre-échange quatre saisons « Zone D partages » dans une des municipalités de type « désert alimentaire ».

Des outils pour une meilleure autonomie alimentaire

Véronique Gagné, chargée de projet en agriculture urbaine, décrit le PAU comme étant « ambitieux, mais réaliste ». Il permet de mettre en valeur des actions qui ont déjà été amorcées en agriculture urbaine, ainsi que de mettre en œuvre des actions qui contribueront à une meilleure autonomie alimentaire. Le plan d’action proposé est d’une durée de trois ans. Le document présente le plan d’action de la manière suivante : « Tel un arbre, ce plan doit être considéré comme un être vivant évoluant dans le temps ».

Les citoyens qui souhaitent s’impliquer et mieux comprendre le lien entre les différentes initiatives ont aussi accès à plusieurs outils à leur disposition. Un dépliant a été produit dans le cadre de La Grande tournée des jardins communautaires de La Matanie. Ces activités visent à favoriser le développement des compétences des citoyens curieux d’apprendre. Un organigramme permet aussi de mieux comprendre les différentes initiatives pour développer son autonomie alimentaire en fonction de la distribution, la transformation, la récolte et la production.

Le PAU est ainsi l’occasion de développer plusieurs initiatives dans la MRC. Lors du lancement, le maire de Matane, Eddy Métivier, a présenté le nouveau Guide sur la garde de poules en milieu urbain. Le PAU contient aussi plusieurs actions intéressantes tel qu’inciter les municipalités à insérer des clauses d’écoconditionnalité dans l’octroi de leurs aides financières. Il y a aussi plusieurs actions pour la MRC devienne une « amie des abeilles », un programme auquel seulement six villes québécoises ont déjà été affiliées. Pour ce faire, une des actions ciblées est de sensibiliser les entreprises agricoles sur l’utilisation raisonnée des pesticides et l’implantation de bandes fleuries afin de préserver les pollinisateurs naturels. Une action est aussi d’accompagner la Ville de Matane dans la démarche de verdissement des zones commerciales et industrielles par des plantes mellifères, des cultures vivrières et autres. Toutes les informations sur le PAU sont disponibles sur le site internet de la MRC.

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