DE PANDÉMIE À FAIT DIVERS?

DE PANDÉMIE À FAIT DIVERS?

20 janvier 2022 par 


Au moment d’écrire ces lignes, mon père vivote au jour le jour avec cette satanée COVID. Il est en résidence pour personnes âgées et souffre d’une forme d’Alzheimer. Il est mon père, mais pourrait rapidement devenir une simple statistique. Ces fameux chiffres qu’on nous garroche chaque jour depuis plus de 22 mois : nombre de cas, nombre d’hospitalisations, nombre de décès. Au début de la pandémie, je me faisais un point d’honneur de regarder les points de presse du premier ministre chaque jour à 13 h. Je sentais l’importance de l’affaire. On organisait notre vie en fonction des consignes gouvernementales. Après quelque temps, j’ai choisi d’aller chercher ces statistiques sur le Web quand j’en sentais le besoin.

LA TOUR DE BABEL DE L’IMPROVISATION

Confinement, fin du confinement avec réouverture de certains commerces. Télétravail, présentiel, couvre-feu, fin du couvre-feu, vaccins miracles… une dose, deux doses, trois doses, alouette! Se laver les mains et porter un masque. Nombre maximum de clients dans les commerces, files d’attente dehors. PCU, plus de PCU. École à la maison, école virtuelle. Fermeture des frontières, réouverture des frontières interrégionales mais pas interprovinciales, libre circulation. Passeport vaccinal et maintenant taxe aux non-vaccinés. Tests PCR, tests rapides mais rares, variants et j’en passe. On a l’impression d’être dans la maison des fous des 12 travaux d’Astérix. Si je parlais le latin, je l’aurais perdu il y a longtemps.

Et que dire des gérants d’estrade et autres pseudo-scientifiques de service. Qui croire, qui ne pas croire? Personnellement, je ne suis pas assez qualifié pour y aller de mes théories ni même de mes opinions sur les décisions des autorités.

Une chose toutefois : plusieurs scientifiques ont documenté les problèmes de santé mentale qui ont bondi avec la pandémie. Ça je le crois fermement.

Un aspect ne change pas : j’ai toujours aussi peur de contracter le virus. Je ne peux expliquer pourquoi. Sans doute parce qu’on nous présente les pires cas. Mais depuis l’arrivée d’Omicron, j’ai baissé les bras. Je n’en peux plus. On voit le nombre de cas augmenter de façon exponentielle chaque jour. Plusieurs de mes amis ou connaissances ont finalement contracté le virus et semblent plutôt bien s’en sortir. Les experts le disent, tout le monde va finir par l’attraper. Alors oui, je suis résigné. Je m’en fous en fait. Même si mon fil facebook est envahi de nouvelles et de commentaires sur la COVID, je ne les regarde même plus. Que sera sera, sti! Je respecte les consignes, car je tente de faire passer le bien collectif avant ma petite personne. Mais trop, c’est comme pas assez.

Je comprends toutefois que l’heure est grave et que mes positions personnelles ne doivent pas servir d’exemple. Les commerces sont sur le respirateur artificiel, le système de santé s’écroule, etc. Mais je serais curieux de connaître les fameuses statistiques sur les gens qui en ont marre et qui décrochent. Je l’ai dit, je respecte les consignes car je tente de faire passer le bien collectif avant ma petite personne. Mais trop c’est comme pas assez.

Tiens, on vient d’apprendre que le couvre-feu sera levé dans quelques jours. Pour ce que ça va changer… Changez de côté vous vous êtes trompés! Des nouvelles de mon père? Pas mieux, pas pire, c’est la survie…

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