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VOL XXVII No 1, septembre-octobre 2021 Suzanne Tremblay

Un an plus tard, personne n’a eu d’amende pour moteur allumé à Rimouski

Un an plus tard, personne n’a eu d’amende pour moteur allumé à Rimouski

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
1 octobre 2021 par 


Il y a un an, l’adoption du règlement interdisant de faire tourner le moteur d’un véhicule lorsque celui-ci est à l’arrêt avait fait grand bruit à Rimouski. Mais les automobilistes peuvent dormir sur leurs deux oreilles, et même le moteur allumé s’ils le désirent : ce règlement n’est tout simplement pas appliqué.

Le Mouton Noir a demandé à la Ville de Rimouski et à la Sûreté du Québec, les deux entités habilitées à faire respecter ce règlement, combien d’amendes ont été émises depuis son entrée en vigueur le 1er janvier 2021. Dans les deux cas, la réponse a été la même : zéro.

Laisser son moteur allumé plus de trois minutes en restant statique est passible d’une amende de 100 $. Toutefois, en marchant dans Rimouski, on se rend vite compte que cette menace n’a pas d’effet sur de nombreux automobilistes, qui brûlent de l’essence inutilement pendant de longues minutes tout en patientant dans leur voiture – et ceci, hors des périodes de grand froid, pour lesquelles plusieurs citoyens avaient manifesté de l’inquiétude.

Questionné à savoir pourquoi des amendes ont été prévues dans le règlement si c’est pour ne pas en donner par la suite, le conseiller municipal de Saint-Odile, Grégory Thorez, assure que « nos préposés au stationnement et les policiers appliqueront la règlementation s’ils sont témoins d’une situation qui va à l’encontre de celle-ci. Cela dit, l’objectif n’est pas systématiquement d’agir en coercition, mais d’y joindre une importante partie de sensibilisation. »

Aux citoyens d’agir?

M. Thorez est celui qui avait présenté le règlement au conseil municipal, suite à la demande d’un citoyen engagé de son quartier, Nicolas Lambert, et se dit « particulièrement fier de cette mesure ». Il déclare cependant qu’il est « passablement difficile » d’en mesurer les résultats en termes de réduction des gaz à effet de serre, ce qui est son objectif initial.

Le conseiller croit que le respect du Règlement limitant la marche au ralenti des véhicules à moteur à combustion (c’est son nom officiel) passe aussi par l’action des Rimouskois préoccupés par l’environnement : « Ça permet aux citoyens d’aller voir les gens qui laissent leur moteur tourner et de leur rappeler que ce n’est pas une bonne idée. J’ai vécu à Montréal où un tel règlement existait déjà et je peux vous dire qu’on ne se gênait pas ! »

Du côté de la SQ, le porte-parole Claude Doiron note qu’« il n’y a pratiquement pas eu de plaintes de citoyens pour dénoncer cette infraction au règlement municipal de la Ville de Rimouski ».

Pour l’instant, cette nouvelle règle a coûté 10 000 $ aux contribuables de Rimouski, puisés à même le fonds affecté aux projets écoresponsables. Cette somme a servi à financer des publications dans les journaux, des messages à la radio et des placements numériques.

« Il y a de grands panneaux placés aux principales entrées de la ville, et une cinquantaine de panneaux de plus petites dimensions seront placés dans les lieux stratégiques du territoire d’ici la fin de l’année 2021 », explique Grégory Thorez, pour qui l’important n’est pas de « prendre les gens en défaut, mais plutôt de sensibiliser les citoyennes et citoyens à poser des gestes au quotidien pour contribuer à la protection de l’environnement ».

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