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VOL XXVII No 1, septembre-octobre 2021 Suzanne Tremblay

Élections municipales : ça ne se bouscule pas au portillon

Élections municipales : ça ne se bouscule pas au portillon

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
29 septembre 2021 par 


Alors qu’il ne reste que trois jours pour déposer sa candidature aux élections municipales, force est de constater que celles-ci ne suscitent pas un grand intérêt au Bas-Saint-Laurent. Plusieurs municipalités n’ont pas encore de candidats pour tous les postes qui seront en jeu le 7 novembre.

« On commence à trouver ça inquiétant », confesse la directrice générale de Saint-Eugène-de-Ladrière, Christiane Berger, qui occupe le rôle de présidente d’élection dans cette municipalité de 360 habitants. Lorsque Le Mouton Noir l’a appelée, mardi matin, elle venait tout juste de recevoir une première candidature : le conseiller municipal sortant, Claude Viel, briguera le poste de maire, laissé vacant par Gilbert Pigeon après 37 ans de bons et loyaux services.

Mais aucun·e candidat·e ne s’est encore montré·e intéressé·e par un siège de conseiller·ère municipal·e à Saint-Eugène. « Quasiment personne n’est venu chercher un formulaire », déclare Mme Berger, qui n’est pas autorisée à nous donner le nombre exact de personnes concernées.

Lors de la dernière séance du conseil municipal sortant, seuls deux conseillers sur six avaient montré de l’intérêt à rempiler pour quatre ans, incluant l’aspirant-maire Claude Viel. « Je crois que l’engagement que ça prend pour être élu municipal fait reculer certaines personnes, avance la DG. C’est un engagement beaucoup plus grand qu’il y a 15 ou 20 ans. Beaucoup de nouvelles compétences ont été attribuées aux municipalités. »

Des maires sortants se font attendre

Le cas de Saint-Eugène n’est pas isolé : Le Mouton Noir a parcouru le site d’Élections Québec pour voir la situation dans les 114 municipalités du Bas-Saint-Laurent. Plus du tiers d’entre – 42, exactement – n’avaient toujours pas de candidat·e·s déclaré·e·s à la mairie, mardi matin, à un peu plus de 72 heures de la fin des mises en candidatures, soit le 1er octobre à 16 h 30.

Vendredi soir, il y aura toutefois beaucoup moins de municipalités dans cette situation. En effet, plusieurs maire·sse·s sortant·e·s ont fait savoir publiquement qu’ils ou elles demanderaient à la population de leur accorder une nouvelle fois sa confiance, mais n’ont tout simplement pas encore fait leur dépôt de candidature.

« Le maire [Paul-Émile Lévesque] va probablement se représenter, je n’ai pas reçu d’avis contraire de sa part », explique pour sa part la directrice générale de Saint-Marcellin, Nathalie Chouinard. Dans ce village de 350 âmes, aucune candidature n’a encore été déposée pour siéger au conseil municipal, mais cela ne perturbe pas outre mesure cette présidente d’élection : « Aux dernières élections municipales, c’est lors de la dernière journée que ça a bougé pas mal. Au final, une seule personne a été élue par acclamation. J’ai l’impression que ça va être encore comme ça cette année. »

Certains vont tout de même se représenter un peu par obligation : ainsi, le 14 septembre 2021, le maire de Saint-Valérien Robert Savoie annonçait dans le journal local (Le Jaseur) qu’il ne se représenterait pas. « Toutefois, comme en octobre 2017, si aucun citoyen ou citoyenne n’a déposé sa candidature au poste de maire le 1er octobre, je vous informe que je déposerai ma candidature pour un quatrième mandat afin d’achever […] plusieurs dossiers que je considère importants », poursuivait-il.

C’est ce qui s’est passé : M. Savoie a confirmé au Mouton Noir qu’il briguerait un nouveau mandat, bien que d’autres candidatures puissent se manifester d’ici vendredi.

Vers un record d’élections par acclamation?

Si personne ne se manifeste pour un poste à pourvoir, il faut recommencer tout le processus de mise en candidature, explique Christiane Berger de Saint-Eugène-de-Ladrière.

Grâce aux candidat·e·s de dernière minute, plusieurs municipalités pourraient y échapper, mais il faut quand même s’attendre à un très grand nombre d’élections par acclamation (donc sans aucun débat sur l’avenir de la communauté) au Bas-Saint-Laurent. 

Cela est courant au Québec : en 2017, près de la moitié des quelque 1100 maire·sse·s n’ont pas eu d’opposition. Mais cela concerne habituellement des villages. Or, en 2021, on risque de se passer d’élections dans plusieurs villes de la région. Ainsi, à Rivière-du-Loup (Mario Bastille), La Pocatière (Vincent Bérubé), Mont-Joli (Martin Soucy) et Témiscouata-sur-le-Lac (Denis Blais), il n’y a qu’un seul candidat, qui pourrait être couronné si rien ne change d’ici vendredi.

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