Sébastien Thibault as-tu vraiment besoin de manger,

Sébastien Thibault as-tu vraiment besoin de manger,

23 août 2021 par 


Dans le cadre de cette rubrique, Le Mouton Noir présente une ou un artiste du Bas-Saint-Laurent. Avec l’autorisation de Coline Pierré et Martin Page, Le Mouton Noir s’est inspiré du collectif que ces auteur·e·s ont publié en 2018 aux éditions Monstrograph, Les artistes ont-ils vraiment besoin de manger?, un recueil de 35 questions posées à 31 artistes sur leurs conditions de vie, de travail, de création.

Pour en savoir plus : www.monstrograph.com

Ton autoportrait :

Sébastien Thibault, Matanais, père de famille aimant la nature et les chips, mais aussi illustrateur 23 heures sur 24.

Que réponds-tu quand on te demande quel est ton métier?

Je commence par dire que je suis illustrateur. Quand je me rends compte que ça ne suffit pas comme réponse, j’ajoute que je fais des dessins pour des magazines, des journaux et parfois à titre personnel.

Créer, c’est quoi?

C’est une grosse question. Comme je suis souvent appelé à illustrer l’actualité, je dirais que c’est un mélange de bons flashs, de pertinence et de timing. Communiquer au plus grand nombre possible en utilisant son propre langage.

Quel rapport ton travail entretient-il avec la réalité?

Mon travail est très lié à l’actualité et au présent, mais je tente d’incorporer une poésie intemporelle qui évite que mes images restent figées dans une époque (je pense).

Est-ce que parfois tu en as marre?

Oui, ça m’arrive. Quand je réalise que j’ai pris trop de contrats en même temps, que les délais sont trop serrés, qu’on me demande de faire des projets qui payent mal ou que le directeur artistique arrive avec une idée préconçue du projet et que j’ai pas trop de place pour m’exprimer. Il m’arrive de me dire que ça me changerait les idées d’avoir un travail de commis.

Qu’est-ce qui te sauve?

Prendre du temps dans la journée pour faire de l’activité physique. Ça fait mononcle à dire, mais ça aide clairement à chasser le négatif et à stimuler la créativité.

Qui sont tes alliés?

Mon agente Anna Goodson qui me donne un bon coup de main pour la promo, les gens qui démontrent de l’affection pour mon travail et bien sûr mes clients.

Qu’est-ce qui est choisi ou subi dans tes conditions de travail?

Je choisis mon horaire, mais comme je collabore avec des médias d’un peu partout dans le monde, je subis aussi le décalage horaire. Ce n’est pas rare que je me lève à trois heures du matin pour terminer et livrer un projet.

Que pense l’enfant ou l’adolescent que tu étais de ton travail ?

Honnêtement, j’espère qu’il aime ça, même s’il y a beaucoup moins de têtes de mort et de sang que dans mes dessins de l’époque.

As-tu vraiment besoin de manger?

Malheureusement oui, sinon j’accepterais volontiers de travailler en échange de visibilité. Et comme j’ai 40 ans cette année, j’ai aussi besoin de cotiser à mon REER.

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