Viralement vôtre

Viralement vôtre

2 juin 2021 par 


Depuis une année, le monde entier est consterné, sidéré,

Atteint et menacé par un simple micro-organisme

Sournois et multimillénaire,

Minuscule, de même type que celui d’une grippe,

D’ailleurs couronné comme elle,

Mais pas mal plus virulent,

Dans le genre féroce et décapant

Selon le terrain de l’être attaqué.

C’est statistique et documenté :

Vérité de La Palice,

Plus t’es hypothéqué, plus tu seras atteint,

À risque d’être anéanti par cette bibitte sans merci.

Bronchitique, alcoolique ou ex-fumeur impénitent,

Cardiaque ou à l’hérédité très chargée,

Ou simplement en carence d’antioxydants ABCDE Zinc, think, t’sais…

Aussi, foi d’herboriste pas craintive, ces plantes puissantes

Nous fortifient depuis des lustres, du thymus jusqu’à l’ARN :

Ail, cannelle, cayenne, échinacée, eupatoire, girofle, origan, thym et romarin,

En assaisonnement, tisanes, teintures mères ou huiles essentielles,

Et nos chers conifères et fungi médicinaux indigènes,

Du reishi au coriolus, sus aux bactéries et aux virus!

Mais chut! Tous ces conseils sont prohibés par Santé Canada et l’OMS,

Et les sorcières aujourd’hui encore sont à nouveau dans leur mire,

À risque d’amendes faramineuses si ce n’est la prison

Autres manières modernes de museler les sorcières…

Alors, il reste peu d’espoir pour ces victimes toutes désignées:

Aînés très âgés, déjà tristes et isolés,

Déshydratés, sous-alimentés, affaiblis par le manque d’exercice,

D’hygiène et d’étreintes chaleureuses,

Après des décennies de boulot astreignant et répétitif,

Les deuils, les trahisons, la pauvreté et tout ça,

À quatre-vingts ans passés,

Tu peux bien souhaiter être délivré ou pas,

Rares sont les vieillards en super forme jusqu’à cent ans,

Comme l’est encore ma tante Frieda, ja ja!!

Ben oui, je peux en causer sans minimiser sa gravité,

Parce que moi, les virus ça me connaît,

Moi, la lionne rescapée des ténèbres glauques

De la révolte des rejetés, de l’illégalité et de la pauvreté,

Abus, drogues dures et quasi-prostitution,

Oui je raconte comme j’ai attrapé un fichu virus hépatique,

Que j’héberge depuis minimum quarante années,

Mais c’est pas lui qui m’anéantira,

Parole de coriace passe-partout!

Mais je touche du bois, car j’y vais souvent ou surtout,

Je reste en lien avec le ciel qui décide de tout,

Tsiche Manie-tout, tenant dans son immense main,

Grande comme le ciel, sans frontières ou presque,

Le décompte de chaque destin,

Et certainement du mien,

Avec toutefois l’attitude et la latitude

D’un père avant tout bienveillant

Malgré certaines apparences parfois trumpeuses.

L’essentiel, le nécessaire, l’important,

Le superflu, les compromis,

La consommation et la soumission aveugles,

Les précautions excessives ou raisonnables,

Le respect de l’autre et la perte de liberté,

L’amour-tendresse manifesté

Ou le retrait très sécurisé,

La solitude absolue, la peur irraisonnée ou l’inconscience totale

Versus la bienveillance, la confiance, la compassion…

C’est tout ça que soulève cet épisode-événement

Planétaire sans précédent, indéniable conséquence

Directe de nos déséquilibres climatique et éthique,

Tous déconnectés de nos origines,

Des besoins de base et éléments vitaux,

Nous errons, limaces écervelées

Ou écureuils énervés, tenus reclus par la peur de mourir

Ou de désobéir, rester seuls dans nos nids pas si douillets,

Puis s’aligner en rangées pour se faire injecter une pseudo garantie de survie

À la recherche de sécurité absolue qui profite aux déjà plus riches,

D’une garantie prolongée sans vie vibrante,

Soumis à ceux qui fomentent

Des histoires de pouvoirs sans bornes ni limites,

Comme notre ex-voisin délirant

De l’American dream, mirage dévoyé,

D’un continent pourtant jadis magnifique,

Pompé à l’os pour l’or noir et les beaux dollars,

Par des malins, obèses et racistes,

Inconscients WASPS anglos only white speakers

Pourtant, il existe tant d’autres langues pas mortes :

Comme l’alsacien, le créole, le catalan, l’innu et l’algonquin,

Même le français d’ici est en réel danger,

Et surtout ce langage universel en déficit grave,

Celui du cœur ouvert et du bon sens populaire,

Qui recèle tous les trésors humainement accessibles,

Les chants des arbres anciens

Et les rires sans objet des bébés contents,

La joie sans cause des poètes et des amoureux,

Les oiseaux et papillons sans frontières ni distanciation,

Avec tout ça, virale ou pas, la vie triomphera!

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