dernier numéro

VOL XXVII No 1, septembre-octobre 2021 Suzanne Tremblay

UNE GOUTTE D’ESPOIR

UNE GOUTTE D’ESPOIR

Toujours dans le souci d’intéresser les jeunes à la presse indépendante d’opinion, voici un texte d’une étudiante de 16 ans.
25 mai 2021 par 


Le temps passe et passe, mes belles années au secondaire disparues en poussière. Déjà un an et quelques jours que j’ai l’impression d’étouffer, de manquer d’air, de gâcher mon adolescence. Un an que je me cherche, que je cherche à comprendre la personne que je suis devenue. J’ai tellement changé, évolué et grandi en tant qu’adolescente. Présentement, je serais censée avoir hâte d’aller à l’école demain, avoir hâte de savoir ce que je vais porter, en me demandant si je vais me faire dire que mon outfit est beau. Je serais censée avoir hâte d’aller rejoindre ma gang d’amis le matin en arrivant à l’école, je serais censée avoir soif d’apprendre puisque ça a toujours été mon cas. Le vendredi serait la meilleure journée de ma semaine et j’aurais hâte à mon party du vendredi, hâte de me préparer avec mes amies comme dans le bon vieux temps. Me connaissant, je me préparerais plus vite qu’elles et je me demanderais de quoi ma soirée aurait l’air. Est-ce que j’embrasserai quelqu’un? Est-ce que ça va être le fun? Je dirais à mes amies que j’ai hâte et qu’elles sont beaucoup trop lentes, qu’on va être en retard. Le samedi, j’irais au ski dévaler les pentes et, le dimanche, je ferais mes devoirs en me remémorant ma fin de semaine. J’arriverais le lundi un peu fatiguée ou encore un peu « su’a fripe » comme on dit. J’aurais déjà hâte à la fin de semaine suivante. Mais ça, c’était le bon vieux temps, comme je disais plus haut. C’est triste d’avoir à utiliser ce terme. C’est grave même, mais c’est la triste réalité.

Les semaines passent à une vitesse folle et il ne se passe rien dans ma vie, rien d’intéressant à raconter. J’avais si hâte d’être au secondaire, je l’ai visualisé durant tout mon primaire. Je me disais : « Quand je vais être une adulte, je vais avoir autant d’anecdotes que mes parents à raconter à mes enfants, autant d’histoires plus drôles les unes que les autres. » Et maintenant la question que je me pose, c’est : « Qu’est-ce que je vais pouvoir raconter d’aussi amusant à mes enfants? Qu’une pandémie mondiale dure ou a duré au moins trois ans pendant mon secondaire, cette étape de la vie d’un adolescent où il s’épanouit, fait des rencontres, se construit en tant que futur adulte. » Ces années si importantes qui passent sans qu’on s’en rende compte et dont on n’a aucun souvenir. Ça m’attriste énormément de voir ces belles années passer sans que je ne puisse rien faire pour échapper aux événements. J’espère sincèrement qu’une autre année, je vais récrire une lettre en cette date du 16 mars et pouvoir affirmer : C’EST FINI.

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